Bull, de la Soc. dechlrurg., 1858, t. VIII, p
s'exerce la pression ; cela suffit pour rendre la marche très douloureuse. L'ampoule est ouverte, l'épiderme réséqué, et trois jours après tout est fini.
Voici dans quel état se trouve le moignon treize années environ après l'opération : La cicatrice est étroite, irrégulière, sinueuse, située à 4 ou 5 centimètres du sol. Elle adhère à la tête de l'astragale. Le jambier antérieur en se contractant fronce le tégument, et on constate sans peine qu'il adhère au lambeau plantaire.
Le calcanéum a subi une double déviation, son extrémité postérieure s'est élevée et ne repose plus sur le sol : aussi la peau du talon est plus mince et plus délicate que sur le pied de l'autre côté.
L'axe antéro-postérieur de cet os fait avec le sol un angle aigu de 20 degrés environ ouvert en arrière; de plus, le même os paraît avoir subi sur son axe un mouvement de rotation qui a porté la face inférieure en dehors. Le poids du corps repose sur la partie antérieure et externe de la face inférieure du moignon, comme l'atteste Tépaississement considérable de l'épiderme et du tissu cellulo-graisseux qui double la peau. Le tégument dans ce point, et dans une étendue de 5 centimètres, présente exactement les caractères qu'on observe normalement au talon.
L'ascension légère du calcanéum ne pourrait être attribuée au muscle triceps sural, car le tendon d'Achille est plutôt relâché que tendu ; il présente à sa partie inférieure une convexité postérieure marquée, que j'ai toujours observée en pareil cas. Cette déviation me paraît s'être produite par le mécanisme invoqué par M. Sédillot. On voit du reste qu'elle ne met. aucun obstacle à la marche, et qu'à elle seule elle ne compromet pas la réussite de l'opération de Gho-
part.
J'ignore si l'observation de ce malade a été publiée déjà. Je n'ai pas fait de recherches pour m'en assurer ; mais dans tous les cas, il était toujours intéressant de constater un résultat aussi durable pour une amputation qui s'accompagne si souvent de suites malheureuses.
En 1860, l'amputation de Chopart fut l'objet d'une nouvelle discussion à laquelle je pris part à plusieurs reprises. J'y énonçai ma manière de voir comme il suit * :
La communication de M. Bouvier tend à poser très nettement la question suivante :