Partie interne de la jambe
Tiers inférieur de la cuisse. .. . 27° 31°,5 4°,2
Température uxillaire 3S°,2
— rectale 38°,8
En résumé, abaissement de la température locale, très marqué au niveau de la partie moyenne de la jambe, dans les points fortement ecchymoses (5° en moyenne).
En présence de ces symptômes, je diagnostique un épanchement sanguin profond consécutif à la rupture de quelque gros vaisseau artériel ou veineux et je soupçonne que le sang épanché dans les interstices musculaires et sous la peau épaisse et intacte exerce sur les tissus vasculaires et nerveux une compression capable de pro-
. STUI'EUK LOCALE. 133
duire l'ischémie, l'abolition des fondions nerveuses et la menace de sphacèle, c'est-à-dire l'état connu sous le nom de stupeur locale. Partant de cette hypothèse, je pratique en dedans, un peu en arrière du bord postérieur et interne du tibia, puis en dehors, au niveau du péroné, en arrière enfin, vers la ligne médiane, sur le tiers moyen de la jambe et parallèlement à son axe, trois incisions de 15 à 16 centimètres, comprenant la peau, l'aponévrose d'enveloppe et allant en dedans et en dehors jusqu'aux plans musculaires ou, pour parler plus exactement, jusqu'à l'interstice séparant le soléaire des muscles de la couche profonde.
Ces débridements donnent immédiatement issue à une quantité notable de sérosité sanguinolente, puis à une quantité plus grande encore de sang noir fluide ou à demi coagulé qui était accumulé sous la peau et plus particulièrement dans les interstices musculaires. J'estime à 500 grammes au moins la quantité de liquide que je pus ainsi extraire du premier coup.
J'étais prêt, si une hémorrhagie s'était déclarée à ce moment, à chercher le vaisseau et à lier les deux bouts ; mais je ne vis que du sang noir; en conséquence, je passai transversalement trois drains, un sous la peau du mollet, et deux autres à travers le membre dans l'espace sous-soléaire.
Puis, les plaies lavées soigneusement et libéralement avec la solution phéniquée forte, j'appliquai un pansement ouaté en laissant à découvert les orteils pour surveiller la circulation et l'innervation. Il est presque inutile de dire que si le lendemain le sphacèle du membre s'était confirmé, j'aurais immédiatement pratiqué l'amputation de la cuisse.
Le soir, la sensibilité est revenue aux orteils, qui de plus offrent à la palpation une chaleur assez marquée.
La température axillaire est à 38°.
Le lendemain matin (19 octobre), le pansement ayant été traversé par le sang est enlevé et renouvelé.
La température locale a subi les changements suivants :
Côte blesse. Côté sain. Différence.
Au gros orteil (le thermomètre 36%S 36°,2 0°,6
est placé entre le premier et
le second orteil)
Tiers inférieur de la jambe. 3i°,4 34°, 2 0°,2