Partie moyenne de la jambe
Au tiers supérieur de la jambe. 35» 34° 1°
Tiers inférieur de la cuisse... 34° 34° 0
Donc la température locale du côté blessé, précédemment très abaissée, est en moyenne plus élevée de 9 dixièmes de degré que celle du côté sain.
La circulation paraît entièrement rétablie ; le malade peut également remuer les orteils. La peau distendue et menacée de sphacèle a recouvré ses caractères normaux.
Le 20 octobre, les plaies sont béantes et remplies de sang noir; la suppuration commence; le membre est enveloppé de compresses phéniquées renouvelées trois ou quatre fois dans les vingt-quatre heures.
Température axillaire du matin, 38°, 8.
Côte blessé. Côté sain. Diffé-
rence.
Température locale moyenne 35°, 9 35°,2 0°,7
de la cuisse
Jambe au niveau des plaies. 3u°,2 35 1°,2
Le soir, dans l'aisselle, 39°, 2.
Le 21, la vitalité du membre est assurée, et l'état général n'est pas mauvais; cependant la température reste élevée; il y a évidemment septicémie prononcée, bien que les plaies soient bien ouvertes et que les drains fonctionnent convenablement. On ajoute à l'emploi des compresses phéniquées la pulvérisation pratiquée deux fois par jour pendant une demi-heure. La jambe dégonfle et les bords des incisions latérales se détergent; le pus a bon aspect.
Cependant le 22 et le 23 la température du soir est encore à 39°,5. En cherchant les causes de cette persistance de la fièvre, alors que l'état local est satisfaisant, je m'aperçois que la pulvérisation n'agit que sur les faces antérieure et latérales du membre, ainsi que sur les plaies répondant au tibia et au péroné. La face postérieure de la jambe repose sur le lit; l'incision qui s'y trouve ne reçoit pas la vapeur antiseptique et renferme du pus légèrement putride. Cette dernière circonstance pouvait donc expliquer l'ascension du thermomètre. L'interprétation était si exacte, qu'en ayant soin de soulever la jambe au niveau du talon et du jarret pour que la poussière phéniquée puisse atteindre toute la circonférence du membre, on vit du jour au lendemain, dans la journée du 24, la température axillaire descendre d'un degré et tomber le 25 à 37°,8.
La température locale était alors la suivante :
Cuisse
Jambe au niveau des plaies.
Côté blessé.
Côté sain.
Différence.
Dans les premiers joups d'octobre, une rétention passagère du pus ramena un peu de fièvre^ mais à partir du 6 l'apyrexie devint complète. La cicatrisation s'effectua assez lentement et l'empâtement profond persista pendant plusieurs semaines. La compression méthodique en fit justice.
Je ne puis dire quel vaisseau avait été primitivement rompu.
Cette observation est intéressante à plusieurs points de vue. D'abord la marche de la température locale, qui plus basse de plusieurs degrés du côté malade que du côté sain, alors que la circulation était gênée, et que le membre était menacé de gangrène, revint peu à peu à la normale dès que l'obstacle à la circulation eut été levé par les débridements, et la dépassa ensuite de près d'un degré lorsque l'inflammation s'empara du foyer de la contusion.
D'autre part, le résultat de l'intervention chirurgicale a démontré que celle-ci était nécessaire et qu'elle a été utile, puisqu'elle a prévenu la mortification imminente du membre et ramené la vitalité dans les tissus; mais l'élévation de la température, qui a atteint un moment 39°, 5 a prouvé une fois de plus combien, malgré la contre-ouverture et le drainage multiple, l'antisepsie est difficile à obtenir dans ces foyers anfractueu.v à parois contuses et infiltrés de sang. Les applications phéniquées et le bon fonctionnement des drains n'ont pu prévenir la septicémie; la pulvérisation continue elle-même n'a pas eu d'abord de meilleur résultat, parce qu'elle était insuffisamment appliquée; mais dès qu'elle put atteindre toute la circonférence du membre, elle fit cesser la fièvre et la température revint définitivement à la normale.
Cette observation témoigne donc encore en faveur des bons effets de la pulvérisation continue antiseptique.