DE QUELQUES VARIETES RARES
Par M. le docteur G. Nepveu1.
Certains ulcères syphilitiques des jambes que nous avons pu étudier dans le service de M. Verneuil présentent une physionomie tellement particulière qu'il nous semble utile d'en faire une description spéciale.
S'ils coïncident avec les varices des jambes, ils peuvent être l'objet d'erreurs de diagnostic d'autant plus inévitables qu'on n'est pas encore familiarisé avec les lois de l'hybridilé morbide et peu habitué à retrouver dans la production d'une affection locale complexe les divers facteurs qui composent l'association pathologique.
Voici un exemple d'une variété rare, Yulcus elevatum tertiaire, rapporté in extenso dans la thèse de M. Mirpied2.
Obs. I. — Syphilis non traitée. — Ulcus elevatum de la jambe. — Guérison lente par le traitement spécifique.
Jean Comb., cinquante-deux ans, journalier, entré à la Pitié, salle Michon, n° 6. D'une taille au-dessus de la moyenne, fort, bien musclé, non alcoolique, habitant Paris depuis vingt-cinq ans, marié, père de trois enfants, il affirme s'être toujours bien porté.
A la jambe gauche, ulcère s'étendant à la partie antérieure, depuis le cou-de-pied jusqu'à dix centimètres environ de la tubérosité du tibia. En arrière, sa hauteur n'est que de six centimètres ; il occupe presque toute la circonférence du membre. Bords anfractueux, taillés à pic et constitués par des segments de