‹ Mémoires de chirurgie (volume 4)Chapitre 119 sur 192 · Desprès, Traité pral. de la syphilis, p · texte numérisé non relu

Desprès, Traité pral. de la syphilis, p

HYBRIDITÉ CANCÊRO-SYPHILITIQUE. 681

papillaires à marche lente, qui existaient sur le gland et sur le col utérin, chez des malades qui avaient eu la syphilis bien confirmée, et où le cancer chez les ascendants n'était pas prouvé. »

M. Lancereaux1, qui discute les métamorphoses de la syphilis, se demande si elle est susceptible de dégénérer ou de se métamorphoser en une espèce morbide différente, et affirme qu'elle ne se transforme jamais en cancer.

En ces dernières années, l'idée de la transformation est combattue par les auteurs français, mais on tend à accorder aux manifestations locales de la diathèse une action prédisposante à l'apparition du néoplasme. Après avoir rappelé qu'il n'est pas rare de voir le cancer chez les individus atteints de syphilis, Demarquay2 ajoute, à propos du cancroïde de la verge : « Si l'on n'a pas vu le cancer de la verge se développer de toutes pièces par suite de l'action spécifique du virus syphilitique, les désorganisations particulières, les transformations que ce dernier amène quelquefois localement doivent être prises en considération, car il est généralement admis que les ulcérations de longue durée, et les indurations entretenant une irritation permanente, peuvent avoir une grande influence sur la production du cancer. »

Dans une note publiée par M. L.-H. Petit3 sur les lieux de moindre résistance, nous trouvons une idée analogue à propos d'une observation dont nous donnons plus loin le résumé, et qui a trait au développement d'un sarcome sur un testicule syphilitique.

Les lésions syphilitiques survenues préalablement dans une région, dit M. Verneuil, y créent des lieux de moindre résistance, des noyaux d'irritation qui, si l'individu est prédisposé, deviennent à leur tour des foyers de néoplasie cancéreuse v.

A l'étranger, nous trouvons aussi quelques renseignements utiles, bien que divergents.

Clarke b discute ainsi les rapports des deux diathèses : «, Une ulcération simple peut-elle devenir cancéreuse? Je n'ai pas de doute qu'elle le puisse. Si une ulcération simple peut devenir cancéreuse, a fortiori l'ulcération syphilitique peut le devenir? Ce passage de l'ulcération syphilitique à la cancéreuse peut se faire de deux manières : 1° dans quelques cas, l'ulcération syphilitique

1. Lancereaux, Traité pratique et théorique de la syphilis., p. 952.

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