Marshall. Med. Times and Gaz., 1878, t. II, p
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l'organe est uniformément indurée, tuméfiée suivant son diamètre vertical; elle touche presque la voûte palatine.
Dans la région rétro-maxillaire droite, masse multilobulée, sans adhérences avec la peau ni avec le maxillaire. On distingue six ou sept ganglions mous et fluctuants. Sur le bord inférieur du maxillaire, autre masse dure, irrégulière, faisant saillie du côté de la bouche. A gauche, les ganglions sous-maxillaires sont également volumineux et durs. Teint pâle, terreux; amaigrissement.
Obs. X (résumée). — Syphilis antérieure. Epithélioma de la langue. Hybridité à forme cancéro-scléreuse. Quelques douleurs calmées par Viodure de potassium1.
X..., 48 ans, boulanger, entre le 6 janvier 1881 à la Pitié, service de M. Verneuil.
Père et mère morts dans un âge avancé.
Pas de maladie dans la jeunesse, sauf un chancre contracté à 25 ans et suivi de quelques manifestations secondaires (plaques muqueuses buccales, labiales, etc.). Six ans après, ulcérations spécifiques sur la jambe gauche, qui cèdent au traitement en laissant des cicatrices actuellement visibles.
Il y a sept mois, développement d'une petite tumeur au-dessous de la langue, du côté gauche : les ganglions voisins se prirent un mois après ; applications sur le cou de pommade de ciguë et traitement antisyphilitique, continué pendant un mois environ ; 50 grammes d'iodure de potassium furent absorbés.
Quelques semaines après le début, le malade éprouve de la difficulté à parler; depuis deux mois, cette gêne a augmenté au point de rendre le langage incompréhensible; aujourd'hui la déglutition et surtout la mastication sont excessivement douloureuses. D'après le malade, l'engorgement ganglionnaire aurait disparu à une certaine époque après l'usage de l'iodure.
La tumeur elle-même n'a jamais été le siège d'une douleur intolérable; pourtant, il y a quelque temps, la souffrance se serait accrue et irradiée dans l'oreille correspondante, ce qui n'existe plus aujourd'hui. Une céphalalgie mal localisée au front et à la nuque supprime souvent le sommeil.
Expuition continuelle d'un liquide filant, sanguinolent, formé de salive et de matière sanieuse et fétide.
Actuellement, ulcération fongueuse occupant le plancher de la
1. Guillier. De Vépithélioma de la langue. Th. de Paris, 1880.
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bouche et la face inférieure de la langue, dont le bord correspondant et la pointe sont en partie détruits : le maxillaire est atteint. Double engorgement ganglionnaire cervical et carotidien.
Obs. XI (résumée). — Syphilis antérieure. — Épithélioma de la langue et du plancher de la bouche. — Hybridité à forme cancéroscléreuse. — Vives douleurs rebelles à Viodure de potassium1.
Ferr..., cinquante deux ans; chancres multiples sur le pubis et à la racine de la verge en 1840; traitement pendant trois mois : 122 pilules de proto-iodure. Depuis cette époque, aucun accident. En 1867, rhumatisme généralisé. Mère morte d'un cancer du sein.
Entrée à l'hôpital le 22 avril 1878. Depuis deux semaines, apparition d'un bouton dur sur le plancher de la bouche, à gauche du frein ; gêne de la déglutition presque immédiate. Actuellement, végétation s'étendant sur la partie gauche du plancher, dans une longueur d'un centimètre et demi. Elle est constituée par un tissu dur, ulcéré, quoique ne saignant pas facilement, et forme deux petites tumeurs séparées par un sillon ; la postérieure, plus considérable, se pédiculise facilement et s'étend vers la partie correspondante de la face inférieure de la langue, à laquelle elle est fixée en quelques points; l'antérieur, plus aplatie, fait une saillie moins appréciable et s'étend jusqu'au frein ; projection de la langue en avant dfficile; élévation vers la lèvre supérieure impossible.
Dans la nuit du 2 avril, première douleur vive au fond de l'oreille, qui depuis lors est revenue en moyenne trois fois chaque jour, de préférence vers le commencement ou la fin de la nuit. Elle est spontanée, intermittente, soudaine, rapide, très vive, et, dans l'intervalle de ses apparitions, laisse absolument tranquille le malade, qui la compare à un éclair à cause de sa courte durée et de sa soudaineté. Pas d'écoulement d'oreille, de bourdonnements, ni de surdité.
Engorgement des ganglions sous-maxillaires, qui sont le siège de quelques irradiations douloureuses.
Traitement. Iodure de potassium.
Quelques jours après, on constate que le mal a envahi la langue; les douleurs d'oreilles sont, non pas plus intenses, mais plus fréquentes.
1, Richard. Th. de Paris, 1878
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B. Forme cancéro-gommeuse.
Dans cette seconde forme de l'hybridité, l'aspect des lésions est tout autre lorsque la période d'ulcération est arrivée. On ne peut, faute d'observations, dire si avant cette époque il est possible de reconnaître cette forme et d'en porter le diagnostic, mais après on constate des caractères spéciaux qui traduisent bien les deux processus morbides.
Ce n'est plus côte à côte comme dans la forme précédente, que l'on découvre les manifestations de chaque diathèse, mais dans un même point, où s'établit entre elles une association si étroite, une combinaison si intime, que ce qui est particulier à, chacune s'efface pour former une résultante tout à fait spéciale.
En vain l'on recherche l'ulcère fongueux bourgeonnant, à bords irréguliers et déchiquetés, ou l'ulcération anfractueuse, à bords indurés et renversés du cancer; en vain l'on essaye de reconnaître la caverne gommeuse; ni l'un ni l'autre de ces aspects ne se retrouve séparément; cependant ils existent alliés dans l'ulcère creux, à caractères spéciaux, que l'on a sous les yeux.
Le siège n'est pas toujours le même. Dans la plupart des cas l'ulcère occupe la partie moyenne de la face dorsale de la langue, mais on peut également le rencontrer au niveau des bords qu'il contourne, en se dirigeant en dessus ou en dessous. Les tissus sous-jacents indurés donnent au palper la sensation nette de l'induration cancroïdale; et, sans les autres caractères, on n'hésiterait pas à affirmer un épithélioma, conduit encore qu'on serait à ce diagnostic par un léger décollement des bords. Mais, dans la forme, l'aspect du fond et du pourtour de l'ulcération, se trouvent d'autres attributs qui éloignent l'idée du cancer et rappellent plutôt la glossite gommeuse.
Cette ulcération varie entre quelques millimètres et plusieurs centimètres et présente une forme rarement ovoïde, comme dans la lésion syphilitique, mais plutôt allongée, profonde et parfois assez largement excavée.
Ses bords ne sont pas nettement taillés à pic et décollés comme dans le cancer; ils sont plutôt disposés en pente douce conduisant vers la partie profonde ; s'ils sont flottants, ils ont plus de tendance à se renverser en dedans qu'en dehors ; tantôt leur consistance est peu
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prononcée; tantôt elle est assez ferme et se continue dans une certaine étendue, au niveau de laquelle la muqueuse est lisse, unie et parfois un peu œdémateuse.
Le fond de l'ulcération ne présente pas de bourgeons et jamais ne produit de suintement sanguin; il est tapissé par un enduit bourbillonneux, grisâtre, ou de couleur jaune nankin, dont l'adhérence rappelle les escharres de la caverne gommeuse. C'est une espèce de produit pseudo-membraneux, nullement semblable au liquide sanieux, ichoreux du cancer, et difficile à détacher des tissus sous-jacents.
Dans certains cas, cette ulcération n'est pas solitaire et on peut en observer plusieurs autres dans son voisinage. Mais, en général, ces dernières sont loin de présenter le même aspect hybride ; et, autant par leurs caractères dissemblables que par leur mode d'évolution, elles paraissent devoir être plutôt rattachées à la troisième forme de l'hybridité.
Obs. XII. — Syphilis antérieure. — Epithélioma du voile du palais, de V amygdale et delà joue. — Hybridilé à forme cancérogommeuse. — Indolence complète. — Traitement mixte sans résultat. (Communiquée par M. Verneuil.)
M. X..., de Calais, trente cinq ans, d'une stature presque athlétique, d'une constitution magnifique, a joui d'une santé excellente jus. qu'en 1881. A cette époque, bien que la source de l'accident initial lui soit restée inconnue, il contracte la syphilis, qui se manifeste par la roséole, la céphalée, l'alopécie, accidents bientôt suivis de mal de gorge, de plaques opalines buccales, et de plaques muqueuses anales. La maladie, ignorée pendant quelque temps, est traitée comme dermatose de toute autre nature.
Aucune amélioration ne se produisant, on soupçonne la nature du mal et l'on institue le traitement mercuriel, qui n'est suivi que fort peu de temps et bientôt remplacé par l'iodure de potassium, dont le malade fait usage pendant près d'une année. Quoi qu'il en soit, les accidents secondaires disparaissent. Quelques mois plus tard se montrent les premiers signes de l'épithélioma.
En effet, vers le milieu de septembre 1882, M. X... commence à ressentir quelque gêne du côté de la gorge; bientôt il constate une petite ulcération au niveau de l'amygdale; en même temps la déglutition devient pénible, et l'engorgement ganglionnaire cervical apparaît. Supposant que les différents accidents sont dus à la syphilis, le malade reprend aussitôt le traitement spécifique ; mais
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aucune amélioration ne survient et les troubles s'accroissent.
Le 27 septembre 1883, nous constatons ce qui suit : la partie droite de l'isthme du gosier est transformée en une large ulcération, qui occupe la moitié du voile du palais, l'amygdale, et s'irradie sur la joue; ses bords sont indurés, taillés à pic, mais non renversés, présentant ainsi quelque analogie avec les bords de l'ulcération gommeuse; elle diffère de cette dernière par son fond, qui, au lieu d'être bourbillonneux, est comblé par des fongosités inégales et saignant au moindre contact. La surface de l'ulcère est recouverte d'une sanie grisâtre, peu abondante, qui laisse voir par places un piqueté blanchâtre. L'odeur de l'haleine est peu prononcée. Engorgement des ganglions sous-maxillaires et carotidiens.
Pas de douleurs dans le cou ni dans la gorge. Le malade n'accuse qu'une légère cuisson dans cette dernière région au moment où les aliments sont en contact avec l'ulcération.
Malgré cette grave lésion locale, l'état général s'est bien conservé. Mais, à cause de l'envahissement des ganglions carotidiens, toute intervention est contre-indiquée.
Obs. XIII (résumée). — Syphilis antérieure. — Épithélioma de la langue. — Hijbridité à forme cancer o-gommeuse. — Indolence complète. — Traitement mixte sans résultat1.
M. X..., trente-huit ans, robuste et vigoureux, paraissant jouir de la plus belle santé, m'est envoyé d'une ville du Midi. Je le vois en consultation avec MM. Broca et Trélat.
Cet homme, grand viveur, qui ne niait pas avoir contracté la syphilis, avait eu pendant longtemps la langue fendillée, comme dans une des formes de la glossite tertiaire.
Tout d'un coup il vit apparaître sur la langue une induration d'abord de la grosseur d'un noyau de cerise, puis d'une cerise, enfin d'une prune. Le centre de cette tumeur se creusa d'une cavité, et en moins de deux mois il se forma une ulcération creusée comme à l'emporte-pièce, d'un centimètre de profondeur, avec des bords taillés à pic et béants comme un cratère. A diverses reprises, des hémorrhagies graves se produisirent au centre de cette excavation; mais l'état général restait bon et il n'y avait pas de douleurs.
La syphilis n'était pas douteuse. Le malade portait sur le front, près des cheveux, une couronne révélatrice de boutons. Rien dans les régions cervicales. On avait donné l'iodure de potassium et le