‹ Mémoires de chirurgie (volume 4)Chapitre 130 sur 192 · HYBRIDITÉ CANCÉRO-SYPHILITIQUE. TUT · texte numérisé non relu

HYBRIDITÉ CANCÉRO-SYPHILITIQUE. TUT

grandeur variable, pouvant reconnaître, quoique cela soit moins certain, la même origine. La lête du péroné gauche est le siège d'une exostose qui en triple le volume.

Malgré les douleurs de la face, en présence de ces cicatrices et des caractères incertains de l'ulcération, le diagnostic restait douteux. Aussi on soumit le malade au traitement ioduré (3 grammes d'iodure de potassium par jour). En moins de huit jours les douleurs diminuent notablement : le l8r mars elles avaient à peu près disparu, mais en même temps l'ulcération avait fait des progrès et un ganglion sous-maxillaire s'était engorgé.

La nature de l'affection qui prédomine n'est plus alors douteuse: l'épithélioma marche rapidement.

L'ulcération, large comme une pièce de un franc, fongueuse, gri~. sâtre, occupe la partie postérieure du rebord alvéolaire, s'étendant en dehors à quelques millimètres sur la joue, et en dedans presque jusqu'à la ligne médiane de la voûte palatine; elle est dure, douloureuse au toucher et circonscrite par des bords saillants irréguliers. De sa surface suinte un liquide purulent, d'une odeur caractéristique. L'induration se continue assez loin en arrière et en bas. Extérieurement la joue est œdématiée; le maxillaire sous-jacent ne paraît pas augmenté de volume.

Dans le courant du mois de mars, l'ulcération grandit; la déglutition, gênée dès les premiers jours, devient de plus en plus difficile; la langue est envahie, ainsi que le plancher buccal; un engorgement sous-maxillaire bilatéral apparaît, et les ganglions carotidiens droits sont pris à leur tour.

Le malade succombe dans le marasme au mois d'avril.

Obs. XVI. — Syphilis antérieure. — Épithélioma de la langue et du plancher de la bouche. — Hybridité à forme cancérogommeuse. — Indolence complète (personnelle).

Hortense D..., soixante-deux ans, couturière, entrée le 5 décembre 1882, service de M. Verneuil.

Aucun renseignement sur les parents. La malade a plusieurs enfants bien portants. Jamais elle n'a eu de maladie sérieuse, mais a souvent été atteinte d'angine et d'ulcérations au niveau des gencives ; à une époque ses cheveux ont tombé, des maux de tête l'ont tourmentée pendant quelque temps, enfin elle a eu des boutons sur les membres. Elle porte des traces évidentes de syphilis.

Au moment de son entrée à l'hôpital, elle était déjà malade depuis plusieurs mois. Au début, gêne de la déglutition et embarras

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de la parole; peu de temps après, une tumeur apparait dans la région sous-maxilteire droite.

En janvier 1883, l'ulcération néoplasique occupe le voile du palais, l'amygdale gauche, et le côté correspondant de la langue ; elle est largement excavée, d'apparence gommeuse et recouverte d'une couche jaunâtre. La langue est fixée au plancher et ses mouvements sont limités au point d'empêcher la mastication. La déglutition se fait avec une grande difficulté. Parole nasonnée, à peine compréhensihle. Les ganglions sous-maxillaires sont envahis des deux côtés et menacent de s'ulcérer à gauche.

Pendant cinq mois, aucune douleur ni dans la bouche, ni à la face; la souffrance ne s'est montrée au commencement de janvier que sous l'influence de la compression ganglionnaire. A ce moment elle a envahi le côté gauche de la face, affectant la forme névralgique et sévissant avec intensité. Son apparition a coïncidé avec un accroissement 1res prononcé de l'engorgement ganglionnaire, qui comprimait sans doute les nerfs du plexus cervical superficiel.

Quelques jours d'un traitement à l'iodure de potassium ont suffi pour faire disparaître ces douleurs, mais l'ulcération cancéreuse s'est rapidement accrue.

En février la malade succombait dans le marasme.

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