The Lancet, 25 janvier
2. Duplay, Diagnostic des ulcérations de la langue, in Progrès médical, p. 225, 1878.
3. Ollivier, De V épithélioma de la langue. Th. de Montpellier, 1877.
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delà maladie, quatorze ans auparavant, par une petite fissure située au côté gauche de la pointe de la langue ; peu à peu une tumeur s'est développée à ce niveau et depuis quatre mois s'est ulcérée : bientôt d'autres tumeurs se sont formées aux environs, puis ulcérées de la même manière. La langue présente actuellement sur la moitié antérieure de la face dorsale, quatre cratères ulcéreux, à bords rougeâtres et durs, à fond inégal, grisâtre, saignant facilement. Induration étendue au plancher. Engorgement ganglionnaire. Pas de syphilis.
16 juin. — Ablation. Récidive locale deux mois après.
3° — VARIÉTÉS DE l'hYBRIDITÉ.
Si une seule diathèse peut produire certaines tumeurs ulcérées, dans d'autres cas cette unique cause n'est plus suffisante pour rendre compte des faits que l'on a sous les yeux ; alors il est nécessaire de passer en revue les maladies constitutionnelles, pour découvrir la dualité pathogénique de ces ulcérations hybrides, auxquelles leD'Ch. Du Périer (Th. de Paris, 1883) applique la dénomination d'ambiguës. Fréquemment la combinaison est malaisée à déterminer, et c'est fort justement que le Dr Noël a pu dire que l'hybridité « est la véritable raison de la difficulté qu'on éprouve souvent à porter un diagnostic différentiel entre deux affections constitutionnelles » (Th. de Paris, 1878).
Nous n'exposerons pas ici les caractères différentiels de ces ulcérations hybrides, sur lesquelles M. Du Périer a écrit quelques pages, parce qu'elles ne siègent pas toujours sur des tumeurs et que d'ailleurs nous n'avons en vue que l'hybridité cancéro-syphilitique.
TRAITEMENT-
Lorsqu'un cancer apparaît chez un sujet qui a contracté antérieurement la syphilis, il n'est pas indifférent d'employer tel ou tel moyen thérapeutique; on doit alors admettre plusieurs cas, et se comporter différemment, suivant que la maladie acquise est ou n'est pas encore éteinte.
Chez quelques cancéreux, la syphilis plus ou moins ancienne a été
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traitée et guérie, ou du moins ne se révèle actuellement par aucune manifestation apparente ; il n'existe alors aucune relation entre les deux maladies; le cancer évoluant comme chez tout sujet non vénérien est justiciable du traitement que commandent l'état local et l'état général.
On n'est réellement autorisé à mettre en usage la médication spécifique que si l'on a quelque doute sur la nature maligne de la lésion ; en pareil cas elle sert de pierre de touche et, maintes fois, elle a fait disparaître une tumeur [réputée ^cancéreuse, que l'instrument tranchant était sur le point d'attaquer.
« L'épreuve thérapeutique, dit M. Fournier1, n'est admisible qu'au cas seulement où il y a quelque chance'de succès ; si le diagnostic de la lésion reste vraiment indécis, s'il y a quelque lueur d'espoir, si faible qu'elle soit, en faveur de la syphilis, alors l'indication du traitement spécifique est formelle, absolue, et ce serait une faute grave que de refuser aux malades cette planche de salut. Mais, inversement, si le cancer est certain, manifeste, indubitable, c'est peine perdue de formuler un traitement illusoire; l'épreuve thérapeutique n'est non pas seulement inutile, mais nuisible, y»
Telle est également l'opinion de M. Verneuil et de la grande majorité des médecins.
Que la syphilis soit avouée ou non, pour peu que l'on ait quelque raison de la soupçonner, on doit soumettre le malade pendant quelque temps au traitement spécifique. Toutefois il ne faut pas y avoir recours trop longtemps, et, dès qu'on en reconnaît l'inefficacité, il faut le supprimer, car son usage prolongé active l'évolution du cancer et, en facilitant son extension, rend plus incertains les résultats de l'intervention chirurgicale.
S'il est bien avéré que l'on ait affaire à un hybride ou à un malade en puissance des deux diathèses, dont les manifestations se trouvent réunies au même point ou séparées, quelle est la conduite à tenir? Faut-il instituer un traitement mixte, c'est-à-dire susceptible d'agir sur chaque maladie? Faut-il combattre les deux ennemis, lorsqu'on se trouve en présence d'une de ces combinaisons constituées, comme dit Jaumes2, par deux ou plusieurs états morbides, solidaires l'un de l'autre, et formant un tout unitaire, une espèce morbide distincte?
Or, en présence des variétés de l'hybridité, il convient de ranger