DE LA CONTUSION COMME CAUSE DETERMINANTE DES NEOPLASMES
On sait combien a été discuté le rôle de la contusion dans le développement du cancer et des tumeurs en général. Pour ma part, j'ai toujours admis cette cause, aussi bien pour les pseudoplasmes de mauvaise nature que pour les productions les plus bénignes : lipomes, kystes, carcinomes, etc.
Pour fixer, définitivement la science et convaincre les dissidents sur un point d'éliologie qui me paraissait d'une grande importance théorique, j'avais confié à un de mes meilleurs internes, M. Le Clerc, le soin de présenter l'état actuel de nos connaissances en résumant les très nombreux faits épars clans les recueils. Mon disciple accumula des matériaux considérables, comme l'atteste l'index bibliographique annexé à sa thèse; malheureusement, par suite de circonstances indépendantes de sa volonté, il fut obligé de terminer à la hâte son travail, qui est déjà fort intéressant, mais qui aurait pu l'être bien davantage encore. C'est une question à reprendre, non pour démontrer que les contusions peuvent engendrer les néoplasmes, car c'est chose avérée, mais pour expliquer la chose et pour la faire servir à éclairer les origines si obscures encore de la néoplasie.
•Voici du reste les conclusions de la thèse susdite * :
1° La contusion a un rôle indéniable dans l'étiologie des néoplasmes ;
2° Elle agit en exagérant au sein des tissus le travail réparateur et en créant clans les parties vulnérées un locus minoris resistentiœ;
3° Elle n'est toutefois qu'une cause localisatrice; elle ne peut produire par elle-même un néoplasme et pour le faire elle a besoin d'une diathèse que nous appellerons néoplasique, diathèse secondaire, dépendant de l'arthritisme.
J'ai communiqué à M. Le Clerc plusieurs observations fort concluantes. J'en rencontre tous les jours dans ma pratique. En voici une que je crois devoir citer comme preuve de l'action provocatrice du traumatisme, qui a fait naître prématurément au lieu de son application une tumeur qui sans doute n'aurait paru spontanément qu'un ou deux ans plus tard.
1. Contusion et néoplasmes. De la prédisposition aux tumeurs. Th. de Paris,