Berliner klin, Wochens., 1879, p
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de cancer. Dans ce cas, bien que les renseignements fournis par la malade aient été tout à fait négatifs, je me suis prononcé pour l'hybridité syphilo-cancéreuse en présence des caractères et de la marche de la maladie.
Obs. III. — Tumeur gommeuse développée sur un sein atteint de cancer. — Amélioration passagère par Viodure de potassium.
Roche, quarante-quatre ans, couturière, de petite taille, maigre et débile, entre à la Pitié le 14 mai 1887. Sa mère a succombé à un cancer du sein gauche, son père à une maladie inconnue. Réglée à onze ans et demi, elle a mis au monde et nourri elle-même deux enfants qui jouissent d'une excellente santé, bien que leur père soit mort de tuberculose à l'âge de quarante-quatre ans.
R... n'a jamais eu de rhumatisme aigu, mais seulement quelques douleurs musculaires vagues après s'être fatiguée; du reste, ni hémorrhoïdes, ni gastralgie; les fonctions sont régulières, la menstruation normale.
Minutieusement interrogée, elle nie tout antécédent spécifique, n'ayant jamais remarqué ni boutons ni ulcérations aux parties génitales, ni alopécie, ni taches, ni éruptions sur la peau, ni ulcérations, ni indurations aux lèvres, à la langue, ni céphalée nocturne, ni lésions aux os superficiels, ni douleurs ostéocopes. Les organes des sens sont normaux et les grands viscères, cœur, poumon, foie, rein, etc., fonctionnent convenablement.
Il y a deux ans, une contusion atteignit le sein droit; presque immédiatement survint au point blessé une induration du volume d'un œuf de pigeon et qui, loin de disparaître, persista avec son volume et sa consistance.
Il y quatre mois, la tumeur s'accrut un peu, le mamelon se rétracta et laissa suinter un liquide visqueux, blanchâtre et sans odeur.
Il y a deux mois, parut à la surface du sein une série de nodosités dures, épaisses, siégeant dans l'épaisseur même de la peau, mobiles sur les parties profondes, semblables comme forme et volume à de petites lentilles rougeâtres. En même temps, la tumeur mammaire augmentait continuellement et acquérait le volume d'une petite mandarine aplatie : bientôt elle rougissait à son sommet et s'ouvrait par sphacèle limité de la peau ; l'ouverture donna issue à des matières demi-solides imprégnées de sang et de sanie et se métamorphosa en un ulcère cratériforme, à bords décollés et taillés à pic, à fond dur, noueux, bosselé, reposant sur le muscle grand pectoral auquel il adhérait fortement et dans la masse duquel il semblait même pénétrer,
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Dans l'espace de quinze jours, cet ulcère doublé de dimensions arriva à mesurer environ cinq centimètres de diamètre sur trois au moins de profondeur; c'est alors que mon chef de clinique le vit pour !a première fois et fut si frappé de son aspect tout spécial, qu'il engagea la malade à entrer dans nos salles.
A la visite du 15 mai, je fis voir aux élèves combien cette ulcération ressemblait à une excavation gommeuse en voie dedétersion, et malgré les dénégations de la patiente., je n'hésitai point à diagnostiquer sur la même mamelle la coexistence d'un cancer cutané et d'une gomme profonde, peut-être développée primitivement dans le muscle grand pectoral et n'ayant envahi la glande que secondairement.
En conséquence je prescrivis, outre les pansements détersifs, le protoiodure et l'iodure de potassium; l'action de ces médicaments fut si rapide, qu'il fallut se hâter pour faire constater les caractères spécifiques de l'ulcération au professeur Fournier, qui confirma absolument le diagnostic.
En moins d'une semaine de traitement, l'ulcération avait non seulement cessé de s'agrandir, mais s'était totalement modifiée par l'abaissement et le recollement des bords, l'élévation du fond promptement recouvert de bourgeons de bonne apparence et les qualités louables de la suppuration.
Vers le vingtième jour, tout était cicatrisé, et il ne restait qu'une dépression recouverte d'une croûte mince et brunâtre.
La malade se croyant guérie demanda sa sortie.
Les nodosités cutanées, ainsi que deux petits ganglions fort durs situés au bord antérieur de l'aisselle et dans le triangle sus-claviculaire, n'avaient subi aucun changement en bien, ni en mal, par le fait du traitement spécifique, que j'avais fait bientôt supprimer; c'est le contraire de ce qui eut lieu dans le cas précédent, où nous avons noté une aggravation de l'adénopathie sous l'influence de l'iodure de potassium.
Quant à l'opération radicale, c'est-à-dire à l'ablation de la mamelle, je ne songeai point à la pratiquer, sachant qu'elle est tout à fait inutile dans ces formes de cancer disséminé du tégument.
J'ai en effet autrefois, alors que je n'avais que des notions vagues sur l'hybridité cancéro-syphilitique de la mamelle, pratiqué cette opération, comme on a pu le voir dans la thèse de M. Landreau (187i); mais je n'ai obtenu que des résultats peu satisfaisants, et j'ai renoncé depuis lors à intervenir en pareils cas. — A. V. 1887.
Par le Docteur Marius Ramonât1.
« Il n'y a pas de maladies; il n'y a que des malades », a dit un jour le clinicien obligé d'analyser les variations de la maladie type, suivant qu'elle évoluait dans telles ou telles circonstances, sur tel ou tel terrain. Sous ce rapport, la syphilis se place au premier rang avec ses nombreuses variations individuelles. Quel est alors le rôle que joueront les tempéraments scrofuleux et tuberculeux ? Telle est la question que nous nous sommes posée. Or si, dans beaucoup de cas, les deux états constitutionnels, scrofule et syphilis, évoluent parallèlement sans se modifier et sans s'influencer réciproquement, souvent aussi ils réagissent l'un 'sur l'autre et forment même des affections mixtes par leur étiologie, hybrides par leurs caractères anatomopathologiques et fonctionnels, exigeant enfin un traitement qui s'adresse aux deux maladies.
La connaissance de ces faits est encore peu répandue et il nous a paru intéressant de faire de leur étude l'objet de notre thèse inaugurale. Pendant nos années d'externat et d'internat dans les hôpitaux de Paris, nos maîtres, MM. Le Fort, Millard et Després, avaient attiré avec insistance notre attention sur la difficulté que présente souvent le diagnostic des manifestations syphilitiques et scrofuleuses; mais c'est surtout aux conseils et aux leçons de M. Verneuil que nous devons d'avoir pu entreprendre et mener à bonne fin ce travail. Qu'il nous permette de lui en exprimer ici nos sentiments de profonde gratitude 2.
Il nous a paru surtout intéressant d'aborder l'histoire de la syphilis chez les scrofuleux, en nous limitant aux manifestations d'ordre chirurgical. Aussi laisserons-nous de côté la plupart des manifes-