Thèse inaugurale, Paris
2. En terminant, M. Ramonât remercie encore M', le professeur Fournier, MM. Leloir, Hamonic, L.-II. Petit et Thomas.
talions viscérales île la vérole chez les strumeux, ces faits étant du domaine de la pathologie interne. Nous ne discuterons pas davantage les rapports de la scrofule avec la syphilis lorsque celle-ci, ayant franchi une génération, est devenue cet ensemble de manifestations multiples, variées et souvent mal connues dans leurs caractères anatomiques et fonctionnels, qui porte le nom de syphilis héréditaire. C'est là une grave question, sur laquelle les travaux des professeurs Fournier et Parrot ont jeté un grand jour.
Le problème que nous nous sommes proposé peut être formulé de la manière suivante : La syphilis A étant observée chez un malade ayant eu ou ayant encore des manifestations de la scrofule ou de la tuberculose B,
1° A va-t-il être modifié par B dans ses manifestations diverses ?
2° Si A reste lui-même, va-t-il modifier B ?
3° Les manifestations de A vont-elles avoir, sous l'influence de B, des points de prédilection?
4° Les manifestations de B vont-elles être rappelées par l'arrivée de A?
5° La gravité de A et de B est-elle augmentée par le fait de leur réunion ?
6° Est-il nécessaire de combattre A et B isolément ou ensemble ?
Nous n'avons pas la prétention de résoudre complètement une question aussi vaste et aussi difficile; mais nous avons la certitude, en la posant d'une façon nette et en réunissant la plupart des opinions émises sur ce point, de faire œuvre utile et d'inspirer à d'autres le désir de combler les lacunes de notre travail.
Historique. — Nous serons bref sur l'historique général de la syphilis chez les scrofuleux. Nous préférons énumérer, à propos de chaque manifestation syphilitique, les travaux faits sur elle; cependant nous esquisserons à grands traits ceux que nous avons consultés.
Il faut remonter jusqu'à J.-L. Petit1 pour voir nettement affirmés les rapports réciproques de la scrofule et de la syphilis : « On distingue si les exostoses, les abcès, les ulcères, les caries et les pustules sont scrofuleux ou s'ils sont véroliques... Ce n'est pas qu'on ne puisse parfois se tromper, si l'on n'y prend garde, lorsque les scrofules sont compliquées de vérole ou lorsque les scrofules ne sont que l'effet d'un virus dégénéré. Il y a des personnes attaquées
\. J.-L. Petit, Œuvres complètes. (Edit. de 1837 p. 224, Exostoses et carie)-
des écrouelles qu'on ne peut soupçonner de vérole acquise, ni héréditaire ; d'autres peuvent être soupçonnées de l'une ou de l'autre, quelquefois de toutes les deux... Nous voyons tous les jours des personnes attaquées de scrofules, qui en ont été guéries, à qui elles reviennent à la suite d'un coït impur. Ne remarque-t-on pas, dans la pratique, des véroles qui ont pour symptôme de leur vérole le gonflement presque universel des glandes conglobées ? » Cette citation a été reproduite par la plupart des syphiligraphes du commencement du siècle, qui n'y ont rien ajouté.
A. Ricord revient l'honneur d'avoir fixé l'attention des cliniciens sur le mélange parfois intime de la scrofule et de la syphilis. L'expression pittoresque et expressive de scrofulate de vérole pose nettement la question.
Un certain nombre de travaux que nous aurons occasion de citer ont été publiés depuis; M. Fournier l, met souvent en relief les rapports des deux diathèses. M. Després décrit les Syphilis modifiées, parmi lesquelles il fait une large place à la scrofule.
Sir James Paget2, après avoir parlé des combinaisons que la syphilis peut former avec les autres maladies, dit en parlant de la scrofule : « Dans la syphilis tertiaire, je ne puis douter que, dans la grande majorité des cas dans lesquels le processus ulcéreux prédomine, la constitution syphilitique acquise ne soit combinée avec la scrofule ou la tuberculose. »
Dans ces dernières années, MM. Martineau, Mauriac, Gouguenheim, Guibout, Vidal, Jullien, ont insisté sur la syphilis des scrofuleux. Mais on peut dire que notre maître, M. Verneuil, s'est attaché à cette question de l'influence réciproque des diathèses avec uue ténacité qui porte ses fruits, puisque la plupart des travaux publiés sur ce sujet ont été faits par ses élèves et sous son inspiration ; il a lui-même porté la question au Congrès de Londres en 1881 , et décrit les caractères généraux de V hybride scrofulo-syphiiitique ; nous aurons occasion de faire à cette communication de larges emprunts.
SÉMÉIOLOGIE.
l'° Chancre. — Le chancre induré, accident primitif le plus habituel de la syphilis, paraît échapper plus que les autres à l'action