‹ Mémoires de chirurgie (volume 4)Chapitre 160 sur 192 · Hicord, Leçons sur le chancre · texte numérisé non relu

Hicord, Leçons sur le chancre

simultanée. Ayant surtout en vue les applications chirurgicales, examinons particulièrement ce qui se passe du côté des amygdales.

Depuis la seconde moitié de ce siècle, on a beaucoup écrit sur les manifestations bucco-pharyngées de la syphilis. Mais, dans ces derniers temps, on s'est demandé si ces formes diverses de la syphilis pharyngée étaient toujours des manifestations pures de la vérole, ou si cette dernière ne se trouvait pas souvent alliée à d'autres diathèses, telles que la scrofule, le rhumatisme. Sans parler d'Ory et d'Ott qui, étudiant l'étiologie des syphilides cutanées et muqueuses, ont fait une large place à la scrofule, M. Gilles, dans sa thèse, traitant de Y hypertrophie des amygdales chez les syphilitiques, admet la strume comme sa cause fréquente, invoquant sur ce point MM. Martineau et Gouguenheim. Verslamême époque, M. Hamonic a publié sur le même sujet1 un mémoire inspiré par son maître, M. Martineau, et dans lequel il a étudié deux variétés d'hypertrophie amygdalienne : la première, uniquement soumise à l'influence de la syphilis et qui peut être simple ou compliqué d'angine syphilitique, avec ou sans syphilides; la deuxième, mixte, par combinaison de la syphilis et de la scrofule.

Presque tous les syphiligraphes signalent la scrofule comme favorisant toutes les manifestations bucco-pharyngées de la vérole. Voici les impressions qui nous sont restées de la lecture des différents mémoires et des nombreuses observations où les antécédents du sujet étaient notés.

Au point de vue étiologique, l'influence de la scrofule sur le développement des manifestations pharyngées de la vérole n'est pas douteuse; mais loin de nous la pensée qu'il n'y a pas d'angine syphilitique sans scrofule. Le rhumatisme, l'alcoolisme, exercent aussi une influence indéniable; mais la scrofule prend une place prépondérante, dans le cas où l'angine s'accompagne d'hypertrophie amygdalienne. Allant au delà des idées émises dans les mémoires précités, nous dirons que l'hypertrophie syphilitique des amygdales chez les sujets non scrofuleux est l'exception ; ce qui ne veut pas dire que tous les sujets scrofuleux, devenant sypliililiques, auront une hypermégalie amygdalienne aiguë ou chronique. Les antécédents strumeux sont notés dans les observations I, III, V, XII, XIV, XV du mémoire de M. Hamonic, et III, IV, V, VI, IX du mémoire de M. Gilles. Notre observation I est un exemple d'angine syphilitique avec polyadénite suppurée chez un scrofuleux.

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