Leçons sur la syphilis, p
antécédents diathésiques étaient interrogés avec soin. Ainsi, sur 9 observations de la thèse de M. G. Prieur *, il n'en est pas une seule où soient notées la présence ou l'absence d'antécédents morbides héréditaires et acquis, en dehors de la syphilis. A côté de ce travail négatif sur l'action de la scrofule, M. Foulquier2 signale les accidents strumeux six fois sur 11 observations; sur ces 6 malades, une seule présentait la forme érosive, 4 la forme papuleuse et 1 cette forme ulcéreuse, très maligne et très rare, décrite par M. Bernutz3. Donc, ici encore, la strume amène les formes graves des syphilides.
Voici les manifestations syphilo-slrumeuses indéniables. Nous aurions pu rechercher l'action de la scrofule sur des manifestations rares, comme Yœdème aigu et chronique de la vulve, qui a fait l'objet de travaux intéressants de MM. Desjardin, Martin, Oberlin. S'il s'agit là d'une lymphangite réticulaire, avec ou sans sclérose consécutive, on peut admettre à priori que la scrofule, diathèse à localisations lymphatiques par excellence, en favorisera le développement. Sur quatre observations de la thèse de M. Oberlin (1879), le tempérament lymphatique est noté deux fois. Mais les faits précis manquent pour poser autre chose que des conclusions théoriques.
Bouche et pharynx. — Les syphilides de la muqueuse de la bouche et du pharynx ont été déjà étudiées dans leurs rapports avec la scrofule au chapitre Tube digestif.
Nez et conduit auditif. — La syphilis secondaire peut frapper la muqueuse des fosses nasales et du conduit auditif, qui est ellemême le siège fréquent de manifestations scrofuleuses; mais, par le fait de l'association de la vérole et de la strume, peut-elle présenter des lésions différant des lésions syphilitiques simples, par leur fréquence, leurs caractères anatomiques et cliniques, leur marche, etc. ? Tout porte à le présumer, sans que rien permette de l'affirmer. Dans la thèse de M. Gourjon*, pas plus que dans les derniers travaux de syphiligraphie générale, on ne trouve rien pour éclairer cette question.
Nous pourrions parler ici des manifestations syphilitiques des voies respiratoires : larynx, poumon. Mais, comme ce sont surtout les manifestations gommeuses qui, s'associant à la scrofule et à la tuberculose, peuvent donner lieu à des considérations chirurgicales