‹ Mémoires de chirurgie (volume 4)Chapitre 172 sur 192 · Leçons sur la syphilis, p · texte numérisé non relu

Leçons sur la syphilis, p

consécutivement à des inflammations de la conjonctive et de la cornée.

L'iritis scrofuleuse primitive a même été mise en doute, opinion exagérée, car elle est seulement très rare. La syphilis au contraire affectionne l'iris, où siège la majorité des manifestations véroliques locales de l'œil. On décrit des choroïdites, des rétinites syphilitiques, mais comme affections rares, presque toujours consécutives à des iritis (Panas, Julien). Mais si les deux diathèses sont moins ici que partout ailleurs exposées à se rencontrer et à fusionner leurs manifestations, elles exercent cependant les unes sur les autres une influence incontestable, un peu méconnue aujourd'hui, mais qui ajoué un moment, un grand rôle dans la pathologie oculaire. On sait qu'en 1858, Hutchinson s'efforça de démontrer que la kératite scrofuleuse interstitielle n'était qu'une manifestation de la syphilis héréditaire et de là le nom de kératite hérédo-syphilitique qu'il lui imposa, opinion qui n'a pas prévalu en 1871, à la Société de chirurgie.

Kératites. — Quelques auteurs ont rattaché certaines lésions de la cornée à la syphilis. Follin dit : « La cornée est quelquefois atteinte et cette forme de kératite tenace, chronique, se manifeste surtout à une époque avancée de la syphilis par des dépôts plastiques plus ou moins épais, dans le tissu de la membrane. Mais c'est le plus souvent du côlé de l'iris, de la choroïde et de la rétine que se font les exsudations syphilitiques de l'œil. » Terrier dit à son tour : « Pour Follin, Rollet, Galezowski, A. Fournier, H. Dietlen, la kératite parenchymateuse résulterait aussi de la syphilis acquise; on la verrait le plus souvent à la période secondaire, exceptionnellement à la période tertiaire1 ». On a même essayé de décrire la kératite parenchymateuse dans la syphilis acquise (G. Th. Lacombe^) et de la différencier de la kératite parenchymateuse ordinaire (Abadie). Enfin la kératite ponctuée pourrait aussi être causée par la syphilis dans plusieurs cas d'irilis syphilitique (A. Sichel).

On voit que l'histoire des lésions cornéennes de la syphilis est encore bien obscure. Pourtant l'action de celle-ci n'est pas douteuse, lorsque, par exemple, ces lésions prennent naissance en même temps qu'une poussée de syphilides se produit à la surface de la peau. Dans ce cas, l'action pathogénique de la vérole ne peut être mise en doute ; mais elle ne s'exerce, et c'est là le point spécial qui nous intéresse, que si le sujet, par sa constitution scrofu-

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