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Zeitschrift fur die Ophtalmologie. Dresden

On trouve aussi une observation d'irido-choroïdite chez un scrofuleux, dans la thèse de M. Serrigny, qui a fait une bonne étude sur les complications de l'iritis syphilitique. En somme, on voit qu'il ne faut pas considérer la forme séreuse comme la règle absolue chez les scrofuleux syphilitiques.

Après les modifications objectives que l'on peut rattacher à l'association de la syphilis et de la scrofule, voyons si les symptômes fonctionnels et généraux sont également influencés.

La différence entre les iritis syphilitique et scrofuleuse simples n'est pas assez marquée pour que l'on puisse trouver dans la symptomatologie des modifications tranchées, produites par l'association des deux diathèses. Voici ce qu'en dit M. Fournier : « Comme lésions, symptômes et dangers, l'iritis syphilitique présente une analogie incontestable et incontestée avec les autres iritis de nature non spécifique. Mais, ces analogies constatées, il n'est pas moins essentiel de connaître les différences. Tout n'est pas identique entre l'iritis produite par la vérole et les iritis vulgaires. Si l'on analyse minutieusement la symptomatologie propre auxphlegmasiesiriennes de la syphilis, on arrive à distinguer certains caractères, certaines particularités qui peuvent, dans nombre de cas, les différencier des phlegmasies d'autre nature. » 11 est donc logique de conclure que l'adjonction de la vérole à la scrofule peut produire diverses modifications séméiologiques que nous allons exposer.

La douleur présente, dans l'iritis syphilo-strumeuse, des caractères importants qui peuvent, dans les cas difficiles, mettre sur la voie du diagnostic. Les observations de M. Popp montrent le peu de réaction douloureuse observée chez ses malades. L'auteur, d'après M. Verneuil, rattache cette absence de douleur à la diathèse scrofuleuse. L'explication paraît très acceptable; on sait en effet que la plupart des manifestations scrofuleuses oculaires ne provoquent pas une douleur très vive, laquelle d'ailleurs est toujours moindre que dans les affections similaires de l'œil, tenant à une autre cause ; on est frappé en comparant, à ce point de vue, la douleur intense des ophthalmies et iritis rhumatismales avec la douleur atténuée des mêmes affections de nature scrofuleuse.

Donc l'iritis scrofulo-syphilitique présente en général des douleurs sinon négligeables, au moins fort atténuées.

Mais il faut aussi tenir compte de la forme anatomique et de la marche de l'affection. L'iritis syphilo-strumeuse prend ordinairement la forme séreuse. On peut objecter les douleurs vives, observées dans cette forme (Panas). On a eu surtout en vue, dans ces cas,

l'iritis rhumatismale où la douleur atteint son apogée et il ne faut pas oublier que les lésions de l'iritis séreuse scrofuleuse ne sont pas semblables à celles de l'iritis rhumatismale. Dans le premier cas, il y a tendance à la suppuration et à l'ulcération; dans le second, il y a propension à l'exsudation plastique et à son organisation. Il y a ici la même différence, au point de vue de la douleur, qu'entre la pleurésie aiguë, franche, a frigore, et l'espèce bâtarde, indolente, qui accompagne la tuberculose pulmonaire chronique.

En résumé, la scrofule, diathèse peu douloureuse en général, atténue encore ici la douleur en imprimant à la syphilis le mode le plus faible. Assez souvent cette douleur, aiguë au commencement, disparaît ensuite graduellement. Elle varie avec la plus ou moins grande intensité des phénomènes inflammatoires du début et des phénomènes congestifs : injection conjonctivale, cercle périkératique, larmoiement.

Un argument puissant est fourni par ce qui se passe pour la douleur, non plus dans la forme séreuse, mais dans la forme parenchymateuse ou gommeuse de l'affection, car les douleurs sont d'autant plus vives que la maladie a une plus grande tendance à envahir les parties profondes de l'œil. Avant de terminer, disons encore une fois que l'iritis syphilitique est une affection peu douloureuse, sauf chez les rhumatisants, qui paraissent faire exception à la règle. M. Fournier attribue les caractères suivants à l'iritis syphilitique: « Plus modérée, plus calme dans son allure que l'iritis d'autre origine, elle est moins inflammatoire, et souvent exempte de toute irradiation névralgique, de tout larmoiement, de tout signe de réaction locale, de photophobie. » Nous retrouvons ces signes à peu près au complet dans nos observations d'iritis syphilo-slrumeuse à forme séro-purulente.

Entre cette description et celle des auteurs anglais, on trouve des différences marquées, surtout en ce qui concerne la douleur qui, d'après Mackensie, serait la plupart du temps très grande. Nous croyons, avec M. Popp, que ces divergences sont expliquées par les différences des sujets; l'Angleterre étant la terre de prédilection de l'arthritisme, l'iritis y prend la forme aiguë et douloureuse de l'iritis rhumatismale. Les mêmes modifications sont observées pour la photophobie et le larmoiement, et les causes en sont les mêmes.

La guérison est un peu retardée par le mélange des deux états morbides; cependant elle est la règle, car c'est la syphilis qui dirige

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