Sichel. Iconographie ophthalmologique
verneuil. v. —53
Obs. LVII. (Résumée.) — Tuberculose primitive de l'œil chez une malade syphilitique. — Granulie. — Mort l.
F..., dix-huit ans; syphilis récente, roséole, irido-choroïdite gauche; œil rouge, larmoyant, cercle péri-kératique; douleurs périorbitaires; rétrécissement de la pupille non dilatable par l'atropine; vision très affaiblie. Diagnostic d'irido-choroïdite syphilitique. Des symptômes de tuberculose aiguë' se déclarent et la malade succombe. A l'autopsie on trouve un décollement presque total de la rétine. Tubercule de la choroïde.
6° Productions gommeuses.
Obs. LVIII. (Inédite.) — Vaste gomme ulcérée" de la cuisse droite. — Marche rapide. — Scrofule. Recueillie dans le service de M. Fournier, par M. Leloir.)
F..., vingt et un ans; mère morte tuberculeuse; gourmes dans l'enfance. Entrée le 24 mars 1879 à Saint-Louis. Il y a trois ans, bouton aux parues. Roséole, alopécie. En août, au niveau du tiers inférieur de la face externe de la cuisse droite, petit bouton rougeâtre qui n'a pas tardé à s'agrandir, puis à présenter à son centre un point qui a percé et donné lieu à une ulcération. On institue le traitement spécifique. En ce moment existe au niveau de la face externe et du tiers inférieur de la cuisse droite une ulcération de la largeur de deux pièces de cinq francs environ, à bords circinés, adhérents, indurés, taillés à pic. Néoplasies gommeuses autour de l'ulcération, dont le fond est raviné, bourbillonneux par places. Papules disséminées ça et là. Ganglions dans les plis inguinaux et dans les triangles sus-claviculaires. Traitement : iodure de potassium, 3 grammes ; 1 pilule de proto-iodure. Amélioration rapide.
Obs. LIX. Scrofuleux. — Sijphilides ulcéreuses et gommeuses du coude gauche. — Pseudo-arthrite syphilitique du coude. — Vaste tumeur gommeuse de Vhypochondre droit en arrière. — Décollements profonds. (Jumon, Th. de Paris, 1880, obs. LXIV.)
H..., soixante ans; antécédents strumeux; syphilis ignorée. Il y a un an, tumeur à l'extrémité supérieure du cubitus en arrière; ouverture et écoulement d'un peu de pus. Accidents analogues autour du onde; amaigrissement du bras, mais liberté des mouvements; dé-
1, Th. Anger. Bull, de la Soc. de chir., 1878.
collement des téguments, pas de dénudation osseuse. Dans l'hypochondre droit, tumeur ramollie qui s'élimine en laissant une perte de substance allongée suivant la direction des côtes, à bords nets, taillés à pic et décollés sur une grande étendue. On arrive sur une côte dénudée. Huile de foie de morue et iodure. Guérison. Manifestations viscérales ultérieures. Amélioration avec le traitement.
Obs. LX. — Syphilis ignorée. Cachexie syphilitique. Gomme syphilitique chez une scrofuleuse. (Jumon, Thèse, obs. LXVI.)
F..., tempérament scrofuleux : périostites, abcès froids. Menstruation peu abondante et douloureuse. Syphilis remontant probablement à huit ans; santé délabrée; douleurs ostéocopes; périostite intense, douloureuse, avec tuméfaction du tibia droit. Il y a trois mois, début d'une gomme sous-cutanée et cutanée de la région de l'omoplate gauche; une croûte noire se forme, se ramollit, puis se soulève et donne lieu à un écoulement abondant de pus épais, jaunâtre et fétide. Guérison.
Obs. LXI. (Résumée.) — Syphilis ignorée. Gomme musculaire étendue du mollet gauche. Infiltration gommeuse du derme chez une scrofuleuse. (Jumon, Thèse, obs. LXVII.)
F..., trente et un ans ; antécédents strumeux. Quelques accidents périostiques traités avec succès par l'iodure de potassium. Gomme peu douloureuse du mollet gauche, qui s'ouvre sept ou huit mois après son début. La plaie acquiert la largeur de la paume de la main et une profondeur de 1 centimètre 1/2. Elle détruit la peau et le tissu cellulaire; les bourgeons du centre de la plaie reposent sur les muscles. Traitement : iodure de potassium, pilules de sublimé; cautérisations au nitrate d'argent; pansements à l'iodoforme et compression.
Obs. LXII. (Inédite, communiquée par M. Leloir. Résumée). — Gomme ulcérée du pharynx chez un scrofuleux.
H...,., dix-sept ans; scrofule de l'enfance; chancre infectant du frein de la verge; bubon de l'aine droite en novembre 1881. Deux mois après le chancre, accidents du côté de la gorge. Traitement : pilules de proto-iodure, gargarisme au chlorate de potasse. Nouveaux accidents du côté de la gorge en novembre 1882. Le fond de la gorge est profondément altéré. Les piliers du voile du palais sont peu malades; cependant l'antérieur gauche présente deux ulcérations à son bord interne; la luette est rouge, violacée; ses bords sont ulcé-
rés, principalement à gauche. La paroi postérieure du pharynx, inégale, ulcérée par places, est recouverte d'une couche gris jaunâtre, couleur propre de la gomme. Le côté droit du pharynx est excorié, ulcéré, et rempli par une masse jaunâtre. Le côté gauche est ulcéré aussi, profondément et largement. Traitement : deux pilules de Dupuytren ; gargarisme. Iodure de potassium, 3 grammes.
Obs. LXIIï. (Résumée.) — Gommes syphilitiques de l'épiglotte chez un scrôfuleux 1.
H..., trente ans; chancre il y a sept ans. Accidents de la gorge; cicatrices blanches, caractéristiques du voile du palais et du pharynx. Au laryngoscope, trois petites tumeurs sur l'épiglotte; un peu de rougeur et de tuméfaction des replis aryténo-épiglottiques ; peu de troubles du côté de la voix; gêne de la déglutition. Amélioration.
Obs. LXIV. (Personnelle.) — Tumeur fluctuante de l'angle de l'omoplate. Gomme probable chez une scrofuleuse. Guérison par le traitement spécifique. Rechute et issue d'un petit séquestre'2.
Mme B..., vingt-sept ans, journalière, vient à la Pitié le 7 mars 1882. Tempérament lymphatique, faciès strumeux. Réglée à quatorze ans ; mariée à dix-huit ; a trois enfants bien portants. Elle nie tout antécédent syphilitique. Au mois de janvier, panaris superficiel du pouce gauche et un peu de lymphangite ; guérison en douze jours. Quelques jours après douleurs vagues dans les membres et les articulations; dans l'omoplate droite tuméfiée, douleurs vives et lancinantes.
Les fosses sus et sous-épineuses sont en partie comblées par une tuméfaction grosse comme le poing, de consistance uniforme, semifluctuante; profondément, elle fait corps avec les muscles et avec l'os, et se perd insensiblement à la périphérie dans les parties voisines, sans ligne de démarcation bien nette. Elle est peu douloureuse à la pression et gêne seulement les mouvements du bras. La peau est tendue, sans œdème, sans changement de coloration. M. Verneuil malgré les dénégations de la malade, pense à une périostite gommeuse et donne le traitement mixte avec badigeonnages iodés. La malade revient le 22 mars, avec une amélioration notable; la grosseur a diminué, la fluctuation est moins nette, les fosses sus et sous-épi-