Broca, Bull. Soc. de chir., 1870, p
PATUOGÉNIE DU TÉTANOS. 191
tandis qu'on rencontre la lésion dans le renflement cervical, s'il s'agit des parties supérieures du corps. »
Un grand nombre d'autres médecins ont vu des lésions de ce genre. Faut-il en conclure que le tétanos est le résultat d'une myélite ou d'une inflammation des enveloppes de la moelle? Blizard Curling1 dit que dans les cas où Ton a observé les lésions anatomiques bien tranchées de l'inflammation de la moelle, on a eu affaire à des myélites dont le véritable caractère avait été masqué par des symptômes tétaniques surajoutés aux symptômes ordinaires de cette phlegmasie.
Ces lésions sont-elles primitives ou secondaires? c'est ce que nous aurons bientôt à examiner.
Certains auteurs2 ont placé dans les nerfs le siège du tétanos et ont attribué la contraction à une névrite. Jobert a trouvé une fois tous les nerfs rouges et injectés. Rose dit que le professeur Froriep a constaté dans sept observations une inflammation du névrilème qu'il a pu suivre depuis les nerfs voisins de la plaie jusqu'à la moelle. D'après le même auteur, Remak aurait trouvé dans deux cas, en 1860, une inflammation de même nature. Lepelletier' avait déjà signalé des lésions analogues. Ces faits ont pu faire croire que le tétanos était le résultat d'une névrite.
Swan4 émet cette opinion que le tétanos a son point de départ, sinon son siège essentiel, dans les ganglions du nerf trisplanchnique; il s'appuie sur les observations de Lobstein, d'Andral, et sur les siennes propres. Dans ces cas on aurait trouvé une rougeur remarquable des ganglions semi-lunaires.
Nous ne ferons que mentionner ici les épanchements sanguins et les ruptures des muscles, la rougeur du pharynx, de l'estomac, l'engorgement des poumons que l'on a constatés dans certains cas. Ces épanchements sanguins avaient fait penser à Stutz que les muscles sont primitivement affectés dans le tétanos.
Il résulte de ce qui précède que dans le tétanos on a trouvé les lésions les plus variées, et que dans un grand nombre de cas on n'a constaté aucune modification des nerfs , ni des centres nerveux.