‹ Mémoires de chirurgie (volume 4)Chapitre 22 sur 192 · B. Curling. A treatise on tetanus, London · texte numérisé non relu

B. Curling. A treatise on tetanus, London

2. Gœlis, Thomson, Larrey, Monod, Jobert, cités par Nélaton, Elém de patk. chir., t. 1er, p. 145 et 146, 1884.

3. Lepelletier, Mém. sur la nature et le traitement du tétanos trauinatique, in Revue médicale, Paris 18S6, t. IV, p. 165 et 345.

4. Swan. Traité des maladies et blessures des nerfs. Analysé in Arch. gén. de méd. 1837, 2e sér., t. XV, p. 310.

Comment donc alors attribuer à des lésions aussi peu constantes une maladie dont les manifestations sont toujours identiques? Pour nous la plupart des altérations que nous venons de signaler sont secondaires; nous y voyons l'effet et non le point de départ de la maladie et nous pensons avec M. Verneuil qu'il faut demander à la physiologie l'explication des phénomènes tétaniques et des lésions qui les accompagnent fréquemment.

Mais avant d'exposer et de discuter la théorie pathogénique à laquelle nous nous rallions, voyons quelles opinions régnent actuellement dans la science sur la nature du tétanos. Ces opinions peuvent être ramenées à deux principales. Ceux qui professent la première admettent que l'impression sur le système nerveux central se produit par l'intermédiaire des nerfs exodiques (théorie nerveuse) ; les autres, à l'exemple de Benjamin Travers fils et de Roser, croient à une altération primitive du sang qui agirait alors directement sur le muscle pour provoquer la contraction musculaire, par l'intermédiaire des nerfs exodiques (théorie humorale).

Disons de suite que les partisans de la théorie nerveuse sont de beaucoup les plus nombreux. Cependant la théorie humorale compte parmi ses défenseurs Billroth et Puchardson.

« J'incline fortement aujourd'hui, dit Billroth1, vers une interprétation humorale du tétanos, et je considère cette affection comme une maladie d'intoxication spécifique, sans cependant être en état d'apporter des preuves à l'appui de cette opinion. La considération que le tétanos peut être limité, ainsi que je l'ai observé, à une extrémité, voire même à une main, parle, il est vrai, beaucoup en faveur d'une cause locale inhérente à un genre particulier de lésion nerveuse. »

Nous ne voyons pas ce qui peut faire incliner fortement Billroth vers une interprétation humorale du tétanos. Tout au plus pourrait-il invoquer l'analogie qui existe entre les spasmes tétaniques et ceux que détermine l'empoisonnement parla strychnine, analogie qui selon nous est plus apparente que réelle.

Bans le tétanos, en effet, ainsi que le fait remarquer M. Martin- Magron 2, il y a contracture permanente d'un plus ou moins grand nombre de muscles, avec exacerbations qui se manifestent par des convulsions générales, mais dans l'intervalle de ces convulsions, tous les muscles sont au repos et n'entrent de nouveau en con-

1. Billroth, Elém de path. chir, gén., trad. franc., 1868, p. 428.

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