‹ Mémoires de chirurgie (volume 4)Chapitre 23 sur 192 · Journal de phys., t. If, p · texte numérisé non relu

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traction qu'après qu'une irritation extérieure vient solliciter une nouvelle crise. C'est donc l'irritation périphérique qui détermine les convulsions ; il est vrai de dire que dans ce cas le pouvoir excitomoteur de la moelle étant exalté, une excitation très faible suffit à produire des convulsions.

Dans une foule de circonstances il est impossible d'invoquer un empoisonnement pour expliquer la maladie. Tous les tétanos spontanés sont dans ce cas, et la science possède un certain nombre de faits dans lesquels on ne peut admettre une pareille explication. Personne ne croira à une intoxication dans l'observation de Fournier-Pescay l ni dans celle de Boin citée par le même auteur. Il est également impossible d'admettre une semblable cause dans les observations suivantes.

Bardeleben 2 rapporte qu'un nègre s'étant blessé au pouce avec un fragment de porcelaine, mourut du tétanos un quart d'heure après. Mirbeck3 raconte qu'un enfant américain était en sueur lorsqu'il reçut de son compagnon de jeu un verre d'eau très froide sur la poitrine, le spasme se déclara immédiatement et trois jours après l'enfant était mort.

Enfin l'observation récente de M. Bertrand (d'Elbeuf) (Voy. Obs. IV) vient encore battre en brèche la théorie humorale.

D'ailleurs, si le tétanos était le résultat d'un empoisonnement, il serait possible en injectant dans les vaisseaux d'un animal du pus ou du sang recueillis sur un tétanique, de provoquer la même affection. Or, ces expériences ont été faites un grand nombre de fois par MM. Arloing et Léon Tripier 4 et le résultat a toujours été négatif.

Rejetant donc complètement la théorie humorale et nous rangeant à l'opinion de MM. Verneuil et Brown-Séquard5 qui considèrent les spasmes tétaniques comme des contractions réflexes succédant à une excitation des nerfs sensitifs, nous disons que le tétanos résulte de l'augmentation du pouvoir excito-moteur de la moelle, et que cette exaltation de l'excito-motricité a son point de départ dans l'irritation des extrémités périphériques des nerfs centripètes.

Cette opinion est conforme à ce que nous apprend la physiologie et nous croyons pouvoir en trouver la confirmation dans la plupart

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