Bull. Soc. de chir., 1870, p
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des observations qui ont été publiées et dans l'examen des causes du tétanos.
Tous les auteurs signalent comme produisant surtout le tétanos les plaies des nerfs et principalement celles qui intéressent les. extrémités périphériques. Larrey if Dupuytren2, disent que les causes les plus fréquentes du tétanos sont les blessures faites par des armes piquantes, déchirantes, écrasantes, celles qui sont compliquées de la présence de corps étrangers dans les tissus fibreux, celles qui affectent les nerfs sans les détruire complètement. Les plaies des régions riches en filets nerveux déterminent en effet le tétanos plus fréquemment que celles des autres parties du corps.
Dans une statistique que nous empruntons à Gimelle3nous trouvons, sur cent quatre-vingt-dix-neuf observations, quatre-vingts plaies des membres inférieurs et soixante-douze des membres supérieurs.
Les brûlures sont assez souvent le point de départ de cette terrible complication, et dans certains cas, l'application d'un vésicatoire a été la cause première des accidents. Or, nous savons que dans ces sortes de lésions les papilles nerveuses, organes essentiellement impressionnables, sont mises à nu.
La physiologie nous apprend d'ailleurs que les extrémités périphériques des nerfs sensitifs sont beaucoup plus excitables que les troncs nerveux et qu'il suffit d'irriter légèrement ces fibres terminales pour déterminer un mouvement réflexe.
Le tétanos survient encore à la suite des grandes opérations et des amputations. Dans ces cas aussi il est facile de trouver dans l'excitation d'un nerf le point de départ de l'action réflexe. Plusieurs fois des filets nerveux ont été compris dans des ligatures de vaisseaux. Larrey 4 cite un cas dans lequel le nerf médian était pris dans la ligature de l'humérale. Plus loin il rapporte l'observation d'un militaire qui fut atteint de tétanos à la suite d'une amputation de la cuisse. L'irritation ou le spasme nerveux, suivant le rapport du malade, partait du point correspondant à la ligature des vaisseaux. Larrey soupçonnant qu'un des principaux cordons nerveux du crural était compris dans la ligature de l'artère fémorale, coupa l'anse du cordonnet. Il y eut alors une amélioration notable des accidents téta-
1. Larrey, Helat. hist. et chir. de l'armée d'Orient. Paris, 1803, p. 47.
2. Dupuytren, Clin. chir. Paris, 1839, 2e édit., t. V, p. 97.
3. Gimelle, Du tétanos. Paris, 1856, p. 49 (Bibliographie étendue).