‹ Mémoires de chirurgie (volume 4)Chapitre 25 sur 192 · Larrey, Clin, chir., t. Ier, p · texte numérisé non relu

Larrey, Clin, chir., t. Ier, p

niques, et une application de fer rouge sur toute la surface du moignon, pratiquée plus tard, acheva la guérison.

Nous trouvons encore dans le même auteur un cas de tétanos succédant à une extirpation du doigt indicateur. Une collatérale avait été liée avec le filet nerveux qui l'accompagne. Ces exemples qui ne sont pas très rares permettent de croire que, dans bien des cas, le tétanos survenu à la suite des opérations n'a pas eu d'autre cause.

Le tétanos vient assez souvent compliquer les plaies aune époque, assez avancée de la cicatrisation. Nous trouvons dans ce cas le point de départ de l'excitation motrice dans la compression que font subir aux filets nerveux le rapprochement et l'adhésion des lèvres de la plaie. S'il nous fallait une preuve de cette influence des tiraillements cicatriciels, nous la trouverions dans les observations rapportées par Larrey, observations dans lesquelles nous voyons le spasme tétanique cesser à la suite de la destruction de la cicatrice au moyen du fer rouge.

Dans l'observation de M. Mollière (de Lyon) que nous rapportons plus loin (Obs. XI) cette influence de la cicatrisation sur le développement de la maladie a été constatée.

Enfin dans un grand nombre de cas de tétanos traumatique on a trouvé des corps étrangers susceptibles d'irriter les filets nerveux; tous les auteurs citent le fait d'un malade de Dupuytren qui portait un nœud de fouet dans l'épaisseur du nerf cubital. M. Brown- Séquard rapporte un cas de Frerichs dans lequel l'application d'un morceau de potasse à cautère sur le nerf coraco-brachial a été le point de départ du tétanos.

Le soulagement immédiat que procura Larrey d à un de ses malades en pratiquant la section du muscle sourcilier, des nerfs et vaisseaux du même nom, dans toute leur épaisseur, pour une éraillure d'une branche nerveuse du nerf sus-orbitaire; l'observation récente de M. Letiévant 2, dans laquelle la section du médian fit cesser les accidents tétaniques, quatre autres cas de guérison à la suite de névrotomie rapportés par ce chirurgien3, viennent encore donner un appui à l'opinion que nous soutenons. Dans les cas où l'on a trouvé le nerf enflammé (Lepelletier, Froriep) il est facile de comprendre que cette inflammation a été le point de départ du stimulus.

1. Larrey, Le tétanos, in Clin, chir., t. I, p. 80 et suiv. Paris, 1829.

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