Id., Ibid., 22 mai 1870, t. V, p. 18 et
Passons maintenant au cas du tétanos a frigore. L'influence tétanisante du froid a été notée par tous les auteurs. Larrey i rapporte qu'à la suite de la bataille d'Aboukir, les blessés furent transportés dans les hôpitaux d'Alexandrie. Dix d'entre eux, s'étant trouvés exposés au serein et à la fraîcheur des nuits, furent pris de tétanos et succombèrent. Après la prise de Jaffa, quelques blessés placés dans un hôpital au bord de la mer, moururent de tétanos extrêmement aigu. La saison était pluvieuse. Cet auteur rapporte aussi qu'après une journée très chaude, nos blessés restèrent couchés sur le champ de bataille de Bautzen, exposés à un froid très vif et que le lendemain plus de cent militaires étaient atteints de tétanos.
L'irritation provoquée au niveau de la plaie par un courant d'air froid est un stimulant capable à lui seul de déterminer des contractions réflexes. Nous en avons des exemples dans les crampes que détermine chez les baigneurs le contact de l'eau froide, et dans les contractions douloureuses de l'intestin provoquées par l'impression du froid sur la peau. La suppression brusque de la transpiration générale qui vient se joindre le plus souvent à ce phénomène local exerce aussi une influence que l'on ne peut mettre en doute.
De l'expérience qui consiste à produire artificiellement le tétanos chez une grenouille, en l'exposant à un courant d'air actif, nous pouvons conclure par analogie que le tétanos qui succède à l'impression du froid a aussi une origine réflexe.
Ceci nous amène à parler du tétanos dit spontané. Dans cetle forme de la maladie, il nous sera encore facile de trouver le point de départ de l'action réflexe. Le tétanos spontané, rare à Paris, s'observe surtout dans les pays chauds, dans les saisons où la température passe rapidement d'un extrême à l'autre. Il est fréquent en Amérique, à Cayenne 2 on l'observe aussi dans les climats froids; il régna presque épidémiquement à l'hospice de Stockholm, en 1831. 11 survient alors le plus souvent après un refroidissement, une émotion vive, une frayeur.
Nous venons de voir quelle est l'influence du refroidissement et quel est son mode d'action. La frayeur, une émotion vive, un bruit soudain agissent encore en produisant un ébranlement nerveux qui met en jeu le pouvoir excito-moteur de la moelle. En 1830, Dupuytren3 vit des coups de fusil, des pétards tirés autour de l'Hôtel-Dieu,