‹ Mémoires de chirurgie (volume 4)Chapitre 29 sur 192 · Voir aussi une note sur la neurothripsie · texte numérisé non relu

Voir aussi une note sur la neurothripsie

202 TBAITEMENT DU TÉTANOS.

Si l'amputation, la névrotomie, les cautérisations trouvent leurs applications dans certains cas, il n'en est pas moins vrai qu'elles ne remplissent qu'une des indications du traitement. Ces opérations peuvent supprimer l'irritation périphérique, mais elles laissent subsister l'exaltation du pouvoir excito-moteur de la moelle.

Les différents topiques, l'anesthésie locale préconisée par Jules Roux i sont passibles des mêmes objections.

Moyens médicaux. — La sudation, ainsi que le fait remarquer M. Verneuil, outre qu'elle offre le danger d'exposer à un refroidissement périlleux, ne peut être continuée longtemps.

L'opium, la belladone, fatiguent rapidement l'estomac.

Le bromure de potassium, excellent pour agir sur l'élément sensitif, n'a pas d'action sur les muscles tétanisés.

Les inhalations de chloroforme et d'éther exercent certainement une influence favorable, mais comme il est impossible d'anesthésier le malade pendant toute la durée de sa maladie, et comme les spasmes reparaissent quand l'anesthésie a cessé, c'est encore là un moyen infidèle.

La nicotine, Y aconit ont aussi été employés sans grand avantage. La teinture de cannabis indica, au dire de M. Bouchut2, aurait produit chez l'adulte la guérison de dix ou douze cas de tétanos traumatiquef?).

Fol lin rapporte un cas de guérison par le sulfate de quinine à hautes doses 3.

Les bains tièdes et prolongés ont été fréquemment employés, mais leur efficacité est douteuse.

Les émissions sanguines ne remédient qu'à l'état asphyxique.

Le curare, médicament sur lequel on avait fondé de grandes espérances à cause de l'antagonisme que l'on croyait exister entre lui et la strychnine, n'a pas produit les effets favorables qu'on en attendait. Sur dix cas de tétanos traités par cet agent, sept furent suivis de mort et trois seulement de guérison. Différentes opinions ont du reste été émises sur son mode d'action. Claude Bernard4, croyant à l'action élective de ce poison sur les nerfs moteurs, dit : « Le curare employé dans le tétanos ferait cesser les convulsions, il

1. J. Pioux, De l'amputation et de Vêthérisme dans le tétanos traumatique, in Union méd., Paris, 1848, p. 336.

2. Bouchut, Traité des maladies des nouveau-nés, 5e édit. 1867, p. 109.

Page 1