‹ Mémoires de chirurgie (volume 4)Chapitre 31 sur 192 · Waren Tay, Brit. Med. Journ.,ùl avril 1870, t. I. p · texte numérisé non relu

Waren Tay, Brit. Med. Journ.,ùl avril 1870, t. I. p

l'influence du chloral, la température descendit au-dessous de la normale.) Dix heures du soir, 1 drachme de chloral en potion. Pendant les vingt-neuf heures qui suivirent, la malade ressentit les effets du chloral et la température se maintint au-dessous de la normale. Au bout de ce temps, les mouvements spasmodiques reparurent et la malade refusa de prendre du chloral par la bouche. Température 99°,6. Lavement de vingt grains de chloral; la température descend à 98°,6. En trois heures, on injecta quarante grains, mais dans les deux heures qui suivirent, des spasmes violents survinrent et la température monta à 99°, 6.

10 février. — Onze heures du soir, 2 drachmes de chloral en lavement. Au bout d'un quart d'heure, relâchement des muscles et sommeil qui dure douze heures. La température est alors descendue à 98°. On redonne 2 drachmes de chloral par la même voie.

Des doses de 1 drachme et demie à 2 drachmes furent administrées dans l'espace de douze heures jusqu'au 12 février à dix heures du matin, époque à laquelle la malade se trouva mieux qu'elle n'avait jamais été depuis son entrée. Cessation des spasmes, mais grande faiblesse. Température 99°,4. Deux drachmes de chloral en lavement. Au bout de vingt-deux heures, attaque spasmodique assez violente. Administration nouvelle de chloral que l'on répète toutes les neuf heures environ jusqu'au 14 février, à une heure de l'après-midi. Quoique la dose n'ait pas été suffisante pour faire dormir la malade, elle l'a cependant calmée. Cinq heures plus tard, le 14 février à six heures du soir, apparition de spasmes violents. La malade semble très épuisée et on lui administre 100 grammes d'eaude-vie en lavement. Une heure après, grande agitation, grand malaise, mais pas de contracture. Peau chaude. Température 100°; pouls; 150, quarante-cinq respirations (ces accidents sont-ils le résultat du lavement d'eau-de-vie?). On administre 3 drachmes de chloral par le rectum. Calme rapide. Résolution musculaire. Quatre heures après, sommeil paisible en apparence, température 99°, 5.

Mort le 15 février, à huit heures et demie du matin.

A l'autopsie on ne constate aucune lésion importante.

Obs. VIII. — Tétanos traumatique à marche lente. — Traitement par le chloral. — Mort1.

Jeanne B..., vingt-neuf ans, a eu le pouce gauche saisi dans une •1. Guyon, Bull.' Soc. de chir.," \870,"p. 156.

mécanique. Plaie contuse de l'extrémité, intéressant surtout la face palmaire jusqu'à l'os.

Dix jours après l'accident, 4 avril, sans aucun phénomène précurseur, gêne pour ouvrir les mâchoires et douleur assez intense dans ces mêmes parties. D'ahord légère, la raideur des mâchoires est allée en augmentant les trois premiers jours. A la fin du troisième jour ou au commencement du quatrième, contractures des muscles de la nuque et du dos, persistantes et accompagnées de temps à autre d'accès douloureux.

B... entra alors à l'hôpital Necker, salle Sainte-Pauline, n° 43. A ce moment, accès de contracture revenant à de très courts intervalles, deux à trois par cinq minutes. Opisthotonos complet. Injection de quinze gouttes d'une solution de chlorhydrate de morphine au 1/1000. Amélioration apparente : les accès ne reparaissent plus que toutes les cinq minutes environ. Nuit sans sommeil, comme toutes les précédentes, depuis l'apparition du trismus.

A la visite du matin, au cinquième jour de la maladie, les symptômes étaient les suivants : Face rouge, violacée, impossibilité de séparer les mâchoires. Masséters durs et fortement contractures. La malade pouvait entr'ouvrir un peu ses lèvres et articuler quelques mots. Tête renversée très en arrière. Forte contraction de tous les muscles du cou et des gouttières vertébrales, dorsales et lombaires. L'abdomen formait un plan résistant. Le thorax se dilatait difficilement, et la respiration était surtout abdominale. C'est à peine si la partie supérieure de la cage thoracique se soulevait. Pendant cet examen, plusieurs accès. Membres supérieurs et inférieurs complètement indemnes.

M. Guyon institua immédiatement la médication suivante :

ln De chaque côté des joues, une injection de douze gouttes d'une solution de chlorhydrate de morphine au 1/1000;

2° Prendre une solution renfermant 4 grammes de chloral;

3° Envelopper la malade dans une couverture de laine;

4° Mettre sur la plaie du pouce un cataplasme fortement laudanisé. L'ongle étant séparé en partie des chairs, on l'enleva complètement. Au-dessous, bourgeons charnus d'assez bon aspect et donnant une suppuration peu abondante.

Après l'ingestion de la moitié de la potion, diminution de la contracture, puis somnolence et relâchement des muscles. Trismus moindre. Persistance de l'opisthotonos. Trois heures plus tard, l'amélioration persistait, mais pas aussi nette, de sorte que les deux autres grammes de chloral furent administrés. Quelques

minutes après, sommeil profond, pas d'accès. Vers cinq heures, relâchement musculaire presque absolu.

A six heures, un ou deux accès, mais dans l'intervalle les muscles restent dans le relâchement. Possibilité de soulever la tête et de la porter en avant. Abdomen souple. Lassitude extrême, brisure générale, grand mal de tête.

2 grammes de chloral ramenèrent la somnolence. Vers onze heures, comme la malade se trouvait assez bien réveillée, et qu'on provoquait de très légers accès en la touchant brusquement au niveau du cou, on lui donna deux autres grammes de chloral.

Nuit calme,, sans soubresauts, sommeil profond.

Le 9 avril, à la visite, même état de bien-être sans contracture. Ecartement possible des mâchoires de 0m,015 environ. Le menton peut être rapproché du sternum. 2 grammes de chloral. Même dose à une heure. Vers trois heures, étouffement subit. Face bleuâtre. Accès ; trente ventouses sèches sur le devant de la poitrine, soulagement momentané. La face reste congestionnée. Somnolence presque complète. Gémissements. Dyspnée. Râles produits par des mucosités que la malade ne peut expectorer.

Vers onze heures, asphyxie menaçante; face bouffie, presque noirâtre; respiration assez facile, mais gros râles. Peau chaude, pouls accéléré, 150. La malade ne répond à aucune question. Quarante ventouses sèches sur la poitrine; sinapismes sur les jambes.

A minuit et demi, transformation complète : plus de râles; plus de menace d'asphyxie. Grand soulagement. Nuit bonne. Sommeil calme vers six heures du matin.

Le 10 avril, à la visite du matin, réapparition de la contracture du cou ; les autres muscles sont dans le relâchement. 1 gramme de chloral. Un quart d'heure après, assoupissement. Muscles relâchés. Vers trois heures, mieux marqué, grande envie de dormir.

Le soir, à six heures, léger assoupissement : 2 grammes de chloral. A une heure du matin, excitation; mal de tête ; raideur dans les muscles du cou : 2 grammes de chloral. .

11 avril. Jusqu'à six heures du matin, la malade s'est parfaitement trouvée; depuis ce moment, elle est excitée et a de temps à autre quelques accès de contracture : 2 grammes de chloral. Cessation presque immédiate de la raideur. Sommeil.

Le soir, 2 grammes de chloral; à minuit, 2 autres grammes. Nuit entièrement calme.

12 avril. A la visite, visage congestionné, bleuâtre. De temps en temps, accès de contracture : 2 grammes de chloral.

TRAITEMENT DU TETANOS. 217

Constipation depuis l'entrée, trois lavements purgatifs énergiques rendus sans effet. Le soir, autre lavement, également sans effet.

2 grammes de chloral. Nuit calme, sauf quelques accès.

13 avril. Purgatif drastique, sans effet; 2 grammes de chloral. Sommeil et calme presque aussitôt après. A une heure, un peu de contracture. 1 gramme de chloral. Dans la soirée, plusieurs accès. A six heures, 1 gramme de chloral.

A huit heures, violent accès. Sinapismes sur les membres inférieurs. Le visage se décongestionne, mais quelques instants plus tard, plusieurs autres accès.

A une heure du malin, 1 gramme de chloral, avec recommandation d'en donner 1 autre gramme s'il survient des accès.

Mort subite à trois heures du matin.

La veilleuse raconte la mort de la malade de la façon suivante : Depuis quelques instants, elle se plaignait de la tête, parlait et s'agitait. Elle ne se trouvait nullement congestionnée. Puis, tout à coup, elle ne dit plus rien : elle était morte.

Obs. IX. — Tétanos traumatique à marche rapide. — Traitement par le chloral. — Mort1.

J... (François), trente-quatre ans, savetier, entre dans le service de M. Le Fort, hôpital Cochin, le 27 mars 1870.

Cet homme, dont la force et la constitution ne laissent rien à désirer, et qui ne présente, dans ses antécédents, ni épilepsie, nj autres maladies nerveuses, entre dans le service pour une plaie par écrasement du pied droit par une roue de voiture.

Téguments décollés; hémorrhagie en nappe. L'artère pédieuse est écrasée, mais la plantaire externe donne d'une façon inquiétante.

Ligature de la tibiale postérieure et de la tibiale antérieure.

L'hémorrhagie s'arrête. On rapproche les téguments et on les maintient par des bandelettes.

30 mars. Gangrène des lambeaux et du gros orteil.

1er et 2 avril. L'état général parait très bon, appétit, très développé. Les tissus gangreneux se détachent. La plaie se couvre de bourgeons charnus de bonne nature : la suppuration s'établit.

4 avril. Après la visite du matin, vers onze heures, douleurs vagues du côté de la mâchoire inférieure. Gêne pour ouvrir la bouche; le soir, à la visite, le trismus, très marqué, donne à la face son

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