‹ Mémoires de chirurgie (volume 4)Chapitre 48 sur 192 · Bull, delà Soc. de chir., séance du 12 juin 1867, p · texte numérisé non relu

Bull, delà Soc. de chir., séance du 12 juin 1867, p

TIîAlTEMENT DE LA SYPHILIS. 393

compétence désirable pour juger les points litigieux de l'histoire de la syphilis. Il pense que ces problèmes difficiles seraient plus sûrement résolus dans un congrès de spécialistes. Je ne saurais partager celte manière de voir, croyant que nous sommes parfaitement compétents et que nulle réunion ne saurait l'être davantage.

Nous sommes arrivés pour la plupart à l'âge de la maturité, nous avons en moyenne plus de vingt ans de pratique, et la théorie nous est connue dans ses moindres détails. Depuis longtemps, dans la clientèle privée ou dans les hôpitaux, nous soignons les maladies vénériennes. Un bon nombre d'entre nous a passé plusieurs années dans les établissements spéciaux, et tous nous avons étudié la vérole comme les affections des yeux, des voies urinai res, des organes génitaux dans les deux sexes, et autres objets de diverses spécialités; nous connaissons tout cela comme les fractures, les luxations, les hernies, les anévrysmes et bien d'autres sujets tout aussi difficiles, tout aussi compliqués.

Il me semble même que, pour connaître à fond, une affection aussi fréquente, aussi variée, aussi protéiforme que la vérole, il y a plus d'avantage à être encyclopédiste qu'à tenir toujours ses yeux fixés sur un seul point de la science et de la pratique.

Si l'on interrogeait le passé et le présent, on verrait que les plus grands progrès, les découvertes les plus utiles dans le champ des prétendues spécialités, ont été réalisés et promulgués précisément par les esprits à vues larges et non par les spécialistes. Ceux-ci d'ailleurs sont fort sujets à l'erreur et se trompent tout aussi bien que les autres, malgré leurs longues et exclusives méditations.

Si M. Diday a fait faire des progrès à la syphiliographie, c'est justement parce qu'il a abordé tous les points de la science médicale, comme il le prouve chaque jour dans son estimable journal.

En résumé, que les syphiliographes fassent un congrès s'ils le veulent, mais il est évident que nous pourrons en attendant discuter avec fruit le traitement de la vérole.

Ceci dit, je veux examiner quelques points du discours de M. Diday. Je constate d'abord avec plaisir qu'il ne croit pas fermement à la guérison, et à plus forte raison à la guérison de la syphilis tertiaire. Je vois ensuite qu'il est partisan du mercure dans les cas où nous le croyons indispensable. Seulement, il l'administre d'une manière particulière : ainsi il donne le spécifique à haute dose, de façon à faire disparaître les manifestations secondaires en un temps relativement court; après quoi il suspend, pour reprendre plus tard au besoin. Il cherche à juguler les accidents. Les partisans du mercure qui sont

dans celte enceinte suivent pour la plupart d'autres errements. Ils le prescrivent à petite dose et en prolongent longtemps l'emploi pour combattre peu à peu le mal, sans avoir la prétention de l'anéantir rapidement.

Si je ne me trompe, ces deux méthodes sont radicalement différentes, et je crois que la Société ferait bien de les étudier comparativement avec le plus grand soin. Je ne me pose point en législateur; mais à mon sens et avec les idées générales qui me guident en théorie et en pratique, la seconde méthode, anciennement inaugurée à Montpellier, me paraît infiniment supérieure et plus rationnelle que la première. C'est un point à discuter.

Je n'ajouterai qu'un mot. Nos contradicteurs disent que nous donnons du mercure pendant deux ans; cela pourrait prêter à l'équivoque. Oui, nous donnons du mercure pendant le cours des deux premières années quand la chose nous paraît utile, mais avec des interruptions et non pendant sept cents jours consécutifs. Le premier traitement mercuriel dure à la vérité quatre mois en moyenne, mais pendant le reste de la cure, un nombre égal de jours suffit ordinairement. Je fais cette remarque pour éviter un malentendu qui n'est que dans les mots.

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