DE L'ARTÈRE
La dénudation des artères a fourni à M. Delbarre le sujet d'une intéressante monographie1. On y trouve quelques cas relatifs à l'artère fémorale mise à nu et disséquée par des chancres phagédéniques. La possibilité des hémorrhagies y est indiquée.
Malheureusement, comme cela arrive souvent pour des phénomènes très faciles à observer et à comprendre, tout le monde en parle et l'on ne trouve pas d'observations détaillées en nombre suffisant, de sorte que nous savons qu'une artère fémorale dénudée peut se rompre ou résister indéfiniment jusqu'à la cicatrisation parfois très tardive du chancre, mais que nous ignorons les conditions qui président à l'une ou à l'autre de ces terminaisons. C'est ce qui m'engage à revenir sur ce point de mon observation.
On comprend l'inquiétude que m'a inspirée dès sa constatation la dénudation des vaisseaux; déjà la section brusque avec perte de substance de la veine saphène était un indice fâcheux, mais les veines sont facilement attaquées par les produits pathologiques voisins sans qu'il en résulte de grands dommages, au moins en ce qui touche l'imminence des hémorrhagies. 11 en est tout autrement des artères, surtout lorsqu'elles sont de gros volume. On trouvera précisément dans la thèse de M. Delbarre un grand nombre d'observations qui établissent la réalité du péril.
Cependant, comme une foule d'observations prouvent en revanche la résistance des vaisseaux dénudés et baignant dans des foyers purulents, l'expectation était formellement indiquée par les règles