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Nosologie méthodique, t. II, p

462 SYPHILOMES MAMMAIRES.

leurs nocturnes, d'ulcères à la bouche et au vagin lesquels étaient les restes d'une vérole acquise depuis dix ans. Les circonstances ne permettant pas d'employer les frictions, j'eus recours aux pilules de Keyser, dont l'usage continué pendant un mois et demi fit disparaître la tumeur et la douleur des mamelles, ainsi que tous les autres symptômes de vérole qui n'ont pas reparu depuis.

L'âge de la malade, trente ans, la symétrie de l'altération dans les deux mamelles, étaient de nature à écarter l'idée du cancer; les antécédents de la malade permettaient de croire à la nature syphilitique de la lésion ; le traitement curatif confirmait ce diagnostic. Sauvages termine ainsi : « On peut conclure qu'il y a des carcinomes d'une espèce particulière, différente du carcinome ordinaire, qu'on n'a jamais pu guérir par les seuls remèdes mercuriels. »

Astruc1 paraît avoir soupçonné une sorte de cancer des mamelles se produisant sous l'influence de la diathèse syphilitique. Il laisse toutefois ignorer quelle était la marche de ces tumeurs, et quels signes les lui faisaient reconnaître.

Bierchen2 décrit en 1775, chez un homme, une tumeur syphilitique du sein qui guérit par le traitement mercuriel.

Lagneau(1815) admet aussi le cancer syphilitique des mamelles3.

Troncin, en 1837, dit qu'on ne doit pas hésiter à considérer les trois quarts au moins des cas d'engorgement, de squirrhe, d'ulcération ou de cancer des seins ou de la matrice comme étant le résultat du virus syphilitique non détruit. Certes, ajoute-t-il, les chances sont bien différentes entre deux femmes dont l'une sera dans le cas cidessus, et l'autre qui n'aura jamais été malade. Si ces deux femmes reçoivent une contusion un peu forte au sein, par exemple, toutes deux éprouvent une douleur vive sans doute. Soumises au même traitement, celle qui sera saine verra son sein gonfler, s'enflammer, se durcir, puis ensuite diminuer graduellement et ne laisser aucune trace, tandis que chez l'autre la douleur d'abord persiste, il reste un petit noyau, une petite dureté, qui, après un temps plus ou moins long, devient plus compacte, squirrheuse; l'inflammatiou s'empare de la tumeur devenue volumineuse ; une ulcération succède au squirrhe, avec suppuration abondante, douleurs vives et constantes, et la mort seule y met un terme4.

1. Traitèdes maladies vénériennes, traduction française, t. III, p. 101,^1740.

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