Cité par Virchow, Pathologie des tumeurs, t. II, p
3. Traité pratique des maladies syphilitiques,^ édit., 1826, p. 374-.
4. L'art de se préserver et de se guérir de la syphilis, Paris, 1837, p. 170.
SYPHILOMES MAMMAIRES. 463
Il faut arriver en 1849 pour retrouver une nouvelle observation, recueillie par M. Richet, alors chirurgien de l'hôpital de Lourcine1.
Obs. III. — R. Morin, vingt-deux ans, entrée le 11 mai 1849.
Plaques muqueuses sur les grandes lèvres; rhagades à l'anus avec fissures profondes ; écoulement vaginal abondant et large ulcération du col. Pilules de proto-iodure, cautérisation du col, tampon aluné dans le vagin. Après un mois de traitement, les plaques muqueuses paraissent rester stationnaires ; liqueur de van Swieten.
1er juillet. — Aggravation du côté des parties génitales; quelques végétations sur les lèvres et au bord de l'anus.
25 juillet. — Douleur spontanée dans le sein droit, où on trouve une tumeur du volume d'une châtaigne, très dure, située au niveau du mamelon, qu'elle embrasse à sa base, assez exactement limitée, sans changement de couleur à la peau et sans douleur à la pression; apparue il y a une huitaine de jours, elle a grandi petit à petit.
I'1' août. — La tumeur a sensiblement augmenté de volume, mais elle reste dure, sans douleur au toucher et sans rougeur à la peau. Le mamelon, situé au centre de la tumeur, rentre et se rétracte, tandis qu'il était au contraire très saillant avant l'induration. Élancements spontanés nuit et jour. Point de fièvre d'ailleurs, ni de perle d'appétit. Pour qui n'aurait pas suivi les débuts de l'affection et ne connaîtrait pas les antécédents de la malade, il serait impossible de distinguer cette tumeur de celle qu'on a désignée sous le nom de squirrhe des conduits galaclophores.
6 août. — La tumeur a sensiblement augmenté, sa consistance est la même, et quoique la peau ait pris une couleur bronzée, on n'y découvre aucun point fluctuant. Le mamelon, complètement retracté, a presque disparu. La grosseur totale de la tumeur est celle d'une petite pomme. Élancements vifs et répétés; le traitement interne est continué et on recouvre le sein d'un large emplâtre de Vigo.
Les jours qui suivent, la tumeur continue à augmenter, et le 15 août la peau commence à rougir, au-dessous de la dépression occupée par le mamelon. Rienlôt il se manifeste là un point fluctuant. Le 25 août, ponction avec un bistouri étroit; il sort en abondance par l'ouverture un pus visqueux et mélangé de flocons, tout à fait analogue à celui qui s'écoule des gommes syphilitiques.
Quelques jours après, le sein avait considérablement diminué, le mamelon commençait à ressortir, mais les parois du foyer