ÉTUDE DE PATHOLOGIE GÉNÉRALE
Contusion [@l*<nq, Contusio; Questschung, ail.; Bruise, angl.; Contusione, ital.]. — La contusion appartient à la classe des lésions traumatiques dont elle forme un genre important, caractérisé par la manière spéciale dont s'effectue la diérèse. Extrêmement fréquente, elle siège de préférence sur les parties superficielles, plus exposées que les profondes à l'action des corps extérieurs, mais'peut atteindre aussi tous les organes et tous les tissus sans exception. Le mode de violence qui l'engendre peut agir seul, mais aussi se combiner avec les autres, avec celui, par exemple, qui produit les déchirures et les arrachements.
De cette ubiquité et de cette association possible des causes vulnérantes, résulte une extrême variété dans la symptomatologie, la marche et les terminaisons. Nous ne pouvons songer à traiter ici la contusion dans tous les tissus, organes et régions du corps : un volume entier y suffirait à peine ; nous nous contenterons d'en tracer un tableau général, nous efforçant surtout d'en exposer aussi nettement que possible les caractères étiologiques et anatomiques, pour limiter le sujet d'une part, et de l'autre lui conserver toute son étendue.
La contusion est très anciennement connue, tous les chirurgiens en ont plus ou moins longuement parlé. Néanmoins à Velpeau re-
1. Extrait du Dict. ehcycl. des sciences méd., lre série, t. XX, p. 104. 1877. Article rédigé en collaboration avec M. le Dc A. H. Marchand, professeur agrégé à la Faculté, etc.
vient l'honneur d'avoir fourni sur elle le premier travail complet. Sa thèse de concours, restée célèbre, a servi de thème à la plupart des articles de dictionnaires et des chapitres insérés dans les traités de chirurgie. A l'exception de quelques monographies intéressantes que nous citerons dans la suite, on peut dire que depuis quarante ans la question est restée au même point et que les classiques semblent de nos jours la considérer comme épuisée. Nous ne partageons pas tout à fait cet avis, surtout en ce qui concerne l'anatomie pathologique, le travail réparateur, certaines terminaisons prochaines ou éloignées. Sur tous ces points ou est forcé de constater des lacunes nombreuses. Il ne faut pas oublier, en effet, que l'histoire dogmatique de la contusion a été tracée à une époque éloignée déjà, et qu'elle n'est point- enrichie des notions précieuses que fournissent à des affections plus récemment décrites l'histologie et la méthode expérimentale. Nous signalerons ces lacunes dans l'espoir qu'elles seront un jour comblées.