Velpeau, Traité des maladies du sein, % cdit., p
464 SYPHILOMES MAMMAIRES.
res! aient indurées et ne semblaient avoir que peu de tendance à la cicatrisation. Injections iodurées.
17 septembre. — Le foyer paraissait se déterger convenablement, et les plaques muqueuses avaient presque complètement disparu, lorsque survint â la jambe gauche, vers son tiers inférieur, à la partie antéro-interne, une tumeur dure, empâtée, indolente, siégeant sur la surface interne du tibia et large comme une pièce de cinq francs. Cette tumeur, qui présentait avec celle du sein une grande analogie, était bien évidemment développée comme elle, sous l'influence de l'affection syphilitique. A partir de cette époque, traitement par l'iodure de potassium et les pilules de Sédillot.
La malade sort le 24 novembre, complètement guérie.
En 1854, Yvaren' cite l'observation suivante, qui lui a été communiquée par un de ses collègues, le docteur Marin :
Obs. IV. — Une femme de quarante-huit ans, d'un tempérament lymphatique et nerveux, née de parents scrofuleux, d'une santé délicate, présente sur le sein gauche et l'espace intermammaire deux plaies. Celle du sein, de la largeur de la paume de la main, avait pour base la glande mammaire ; sa surface était sale et de couleur cendrée; on y remarquait quelques débris cellulo-fibreux frappés de mortification, les bords étaient taillés à pic. L'autre plaie, plus petite, mais plus profonde, offrait les mêmes caractères et reposait sur le périoste du sternum. Toute la partie de la glande mammaire, sur laquelle s'étendait l'ulcère, était indurée et offrait, sous la pression du doigt, une résistance qui se rapprochait de celle du squirrhe ; le reste de la glande était souple et mobile sur le thorax; l'ulcération sternale atteignait l'os dépouillé de sonTibro-cartilage.
La maladie avait commencé par deux petites tumeurs, nées simultanément dans l'épaisseur de la peau et du tissu graisseux sous-jacent, accompagnées de douleurs sourdes, et qui, s'étant développées et accrues lentement, avaient fini par s'abcéder. Deux médecins avaient regardé la maladie comme un cancer ulcéré.
La malade avoua que son mari lui avait donné une maladie vénérienne, et qu'elle avait passé par les grands remèdes. Bien qu'il n'existât actuellement ailleurs aucun symptôme suspect, les renseignements et les caractères du mal firent penser que tous ces accidents étaient le résultat de l'ancienne maladie vénérienne.