‹ Mémoires de chirurgie (volume 4)Chapitre 71 sur 192 · HISTORIQUE DE LA QUESTION · texte numérisé non relu

HISTORIQUE DE LA QUESTION

Ce qu'en pensent les auteurs. — Variétés d'opinion.

Leurs causes.

Certes, l'idée n'est pas nouvelle; elle est presque contemporaine de l'invasion de la syphilis; mais les observations publiées sont assez rares, disséminées dans un grand nombre d'ouvrages, dans les recueils périodiques, et sont d'ailleurs peu connues; aussi comprend-on pourquoi on ne trouve dans les auteurs classiques que des assertions plus ou moins vagues et presque toujours sans preuves à l'appui. Néanmoins on se tromperait beaucoup si l'on pensait

1. Voulant étudier dans notre thèse, avec les autres lésions traumatiques, la question encore controversée dans les auteurs classiques de l'influence de la syphilis sur la production et la consolidation des fractures, nous avions recueilli les matériaux nécessaires à ce travail. Mais leur abondance nous a obligé à remettre à plus tard ieur publication. — Cette lacune a été comblée seulement en 1885, par M. le Dr Gellé, qui en a fait le sujet de sa thèse inaugurale. Nous en donnerons plus tard le résumé.

3. Traité historique, et pratique de la syphilis, "2" éd., p. 44-8, 449.

que ces assertions parlent toutes dans le même sens. On va, du reste en juger.

Vers 1550, Àmatus Lusitanus fait une opération de trépan sur un soldat soupçonné de syphilis; il a soin de lui faire suivre un traitement au gaïac, dont paraît avoir bénéficié la lésion osseuse1.

Obs. I. — Syphilis simulant une névralgie oculo-syncipitale. Symptômes antérieurs non précisés. — Insuccès de divers traitements et du gaïac. — Trépan. — Soulagement. — Sortie de fragments d'os, — Reprise du gaïac. — Guérison.

Un soldat au service de l'empereur, à Gaëte, dans l'âge viril, robuste, fort, d'une nature mélancolique, était affligé de cruelles douleurs de tête; ses yeux semblaient sortir de leur orbite. Après avoir consulté les médecins de Naples et de Piome, dont les soins et les conseils étaient restés sans effet, il vint à Ferrare. Il y avait déjà un an qu'il souffrait. Appelé auprès de lui, je lui demande s'il connaît la cause, l'origine possible de sa maladie, ou plutôt s'il n'a pas eu autrefois un ulcère aux parties naturelles, à la tête, quelque plaie sur une autre partie du corps. Il me répond par des dénégations formelles. Je recherche les traitements nombreux et variés jusqu'alors en usage, employés partout par les médecins les plus habiles et je me décide à attaquer ce mal atroce, dont j'attribuais déjà l'origine au mal français.

La suite me prouva que je ne m'étais pas trompé. Je lui donnai les remèdes efficaces pour sa maladie, entre autres, des pilules d'Alexandre, qui tirent leur dénomination du nitre. Elles servirent à le purger non pas une seule fois, mais deux fois, et même quatre fois. Après ces évacuants généraux, j'eus recours aux particuliers : ventouses, vésicatoires, embrocations, purgatifs, rubéfiants. Je lui ordonnai enfin des préparations de gaïac; il en but pendant quarante jours. Tout échoua : il y eut quelque rémission dans la douleur, mais elle revint dans toute son intensité. Le soldat ne tarda pas à s'ennuyer des soins inutiles que je lui prodiguais. Il était épuisé par la souffrance, fatigué de cette foule de remèdes qui ne lui apportaient aucun soulagement. J'étais toujours à la recherche d'un médicament.

J'arrive enfin à cette conclusion que rien ne pourra guérir mon malade, à moins qu'on ne lui ouvre la tête. J'étais convaincu qu'une altération du crâne causait la douleur. Elle parlait en effet du

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