‹ Mémoires de chirurgie (volume 4)Chapitre 72 sur 192 · I. Curât, med., Cent. 1, Car. IV, p · texte numérisé non relu

I. Curât, med., Cent. 1, Car. IV, p

synciput et affectait principalement les yeux et la région des yeux. Je fais venir un chirurgien. Aucune apparence de tumeur, d'ulcère ou de tubercule à la peau. Les cheveux coupés, je fais pratiquer une incision sur le siège principal de la douleur. L'incision pénètre jusqu'au crâne par deux lignes se coupant par le milieu. Le lendemain, alors que la perte de sang pouvait me permettre de mieux voir le crâne, il m'apparait sous une teinte livide, tirant sur le noir. Je fais perforer, au moyen d'un trépan, la première et la seconde lame jusqu'à la dure-mère et j'obtiens de la rémission dans la douleur. Au bout de quelques jours, des fragments osseux du crâne sortent par l'ouverture. L'état du malade s'améliore et de nouvelles préparations de gaïac amènent une guérison complète. Quant à l'incision et à la perforation, nous les guérîmes comme les autres ulcères1. »

On pensait donc déjà que la syphilis était une maladie générale, et que, son action s'étendant sur tout l'organisme, elle pouvait influencer à sa façon une opération pratiquée chez un syphilitique.

Un siècle et demi plus tard, cette opinion régnait encore, bien qu'on n'en trouve aucune mention dans les Œuvres d'Ambroise Paré ni de ses élèves Pigray et Guillemeau, ni de son contemporain l'Espagnol Arceus, qui pourtant connaissait bien la syphilis.

A la fin du xvne siècle, elle reparaît dans plusieurs ouvrages :

Un auteur allemand, Félix Wurtz, avait bien remarqué la localisation de la syphilis sur les plaies, mais il recommandait de bien se garder d'administrer aux syphilitiques blessés le mercure, qui attirant le virus vers la plaie pourrait aggraver celle-ci et mettre le blessé en danger de mort2.

Méry semble avoir aussi connu cette relation entre la syphilis et les plaies. En effet il parle, en 1685, d'une blessure causée par un coup de pied de cheval chez un soldat qui avait été attaqué depuis peu d'une maladie vénérienne. La plaie n'était pas plus grande qu'une lentille, dit-il, et néanmoins elle s'est tellement augmentée en peu de temps, accompagnée de plusieurs abcès d'une puanteur horrible, qu'il s'est fait un transport au cerveau et que cet homme est mort 3.

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