‹ Mémoires de chirurgie (volume 4)Chapitre 75 sur 192 · Traité de chir. plastique, t. II, 1849, p · texte numérisé non relu

Traité de chir. plastique, t. II, 1849, p

et nos opérations marchent comme dans les cas ordinaires, pourvu que les plaies ne soient pas souillées, après coup, par du pus primitif, c'est-à-dire du pus virulent1. »

Nous ferons remarquer, ce que du reste Huguier a relevé immédiatement, que Ricord fait dire à ses adversaires plus qu'ils n'ont voulu dire eux-mêmes; et Chausif, dans le journal de Gazenave, répondait au nom de celui-ci quelque temps après : « L'expérience apprend que les piqûres, les solutions de continuité simples faites à un sujet syphilitique peuvent, et non doivent nécessairement, devenir ulcéreuses2. »

N'ayant pas d'observations à donner^ M. Ricord s'était contenté d'affirmer, ou de nier, comme on voudra, mais il n'avait pas convaincu ses adversaires. Néanmoins les choses en restèrent là. Dans les thèses de concours ou monographies publiées vers cette époque, il n'est pas fait mention de ces faits, comme s'ils n'eussent pas dépassé l'enceinte de la Société de chirurgie3.

L'obscurité qui régnait encore sur la question ne fut guère dissipée par la thèse d'agrégation de Racle, puisque l'opinion contraire était soutenue quatre ans plus tard. Cependant un passage de son travail est assez intéressant pour que nous le reproduisions ici.

« Voici, dit-il, ce que l'observation a appris. Une affection traumatique survenant dans le cours d'une diathèse est souvent influencée en mal parcelle-ci. Une plaie de cause externe ou une contusion, chez un sijphilitique, un scrofuleux, guérissent mal, lentement; il y a tendance à une longue suppuration, à l'ulcération. C'est chez les scorbutiques, les syphilitiques, qu'on a observé surtout le défaut de consolidation des fractures; les opérations chirurgicales réussissent mal chez eux; les plaies prennent un mauvais caractère et traînent en longueur : aussi faut-il diminuer d'autant la responsabilité du chirurgien dans le cas de succès incomplet des opérations pratiquées dans ces conditions. C'est aussi chez ces malades que se rouvrent les cicatrices d'anciennes blessures, et que les simples arthrites se transforment en tumeurs blanches. »

Racle 4, en écrivant ces lignes, avait-il des exemples sous les yeux? Rien ne le dit, car il ne cite aucune observation. Est-ce pour cela que l'idée qu'elles contiennent passa inaperçue? Peut-être. Toujours

Page 1