Blanpain, Thèse de Paris, 1822, n° 169, p
à bords taillés à pic, et présentait enfin tous les caractères d'une ulcération syphilitique1.
Ce fut alors que les questions adressées au malade firent découvrir qu'il avait présenté une année auparavant des symptômes primitifs pour lesquels il avait été régulièrement traité. On eut alors recours à l'emploi du proto-iodure de mercure et le malade sortit guéri.
Obs. XXII. — Homme de vingt-sept ans. Plaie de la main par arme à feu. L'ouverture de sortie guérit après l'issue de quelques esquilles. Tout à coup l'ouverture d'entrée se revêt de bourgeons qui prennent un aspect syphilitique.
L'interrogation du malade révèle une infection antérieure. — Frictions mercurielles durant quinze jours. Guérison 2.
Ce paragraphe peut être considéré comme la suite du précédent. En effet, dans nos observations, les malades n'avaient pas de manifestations syphilitiques au moment où ils ont été blessés, et leur plaie a pris néanmoins un cachet spécifique, mais à une période déjà avancée de la cicatrisation, deux mois dans l'observation XX, un temps pouvant être évalué à plusieurs mois dans les observations XXI et XXII, puisque dans l'observation XXI le malade avait eu une fracture comminutive qui était guérie, sauf la plaie restée fistuleuse qui a pris l'aspect syphilitique, et que dans l'observation XXII l'ouverture de sortie d'une plaie d'arme à feu était guérie après l'issue de nombreuses esquilles lorsque la plaie d'entrée a changé d'aspect. Nous ferons remarquer que, dans ces cas, la lésion traumatique s'accompagnait de fracas des os; il est donc à présumer que l'étendue et la durée de ces lésions ont agi puissamment sur l'organisme des blessés, qui n'auraient pas eu probablement de manifestation avant longtemps sans l'accident qui est venu réveiller la syphilis.
Conclusions. — Chez un syphilitique, une plaie grave, suppurant depuis longtemps, peut prendre à la longue l'aspect syphilitique.
Elle ne guérit que sous l'influence du traitement antisyphilitique.