‹ Mémoires de chirurgie (volume 4)Chapitre 86 sur 192 · Guillemin, Gaz,, hebd., 1863, p · texte numérisé non relu

Guillemin, Gaz,, hebd., 1863, p

Les tubercules cutanés ne disparurent qu'un peu plus tard; la solution iodée1 fut renouvelée et le traitement continué jusqu'au 3 novembre.

Le 23 novembre, petite écorchure à l'index; nouvelle ulcération syphilitique ; divers topiques restent sans résultat , l'ulcération s'étend et revêt l'aspect syphilitique; on reprend le traitement spécifique. Guérison rapide.

Obs. XXIV. — Déviation du gros orteil. — Frottements répétés sur le sommet de la partie saillante. — Syphilis antérieure. — Ulcération qui ne guérit que par le traitement mercuriel.

Léon G... quarante-six ans, entre à Lariboisière, salle Saint-Augustin, n° 1 bis, le 6 janvier 4872.

Cet homme, d'une bonne constitution, a toujours eu, dit-il, au gros orteil du pied gauche, un oignon qui s'est ulcéré il y a deux ans par suite du frottement d'une chaussure trop étroite. Obligé à cette époque de quitter son travail pendant quarante jours, il s'est fait faire une chaussure spéciale et a repris ses occupations. Un mois après, l'ulcération était guérie.

En novembre 1871, l'ulcération reparaît sans cause connue. Le malade crut d'abord que le repos seul suffirait à le guérir, mais ne voyant pas de mieux, il se décida à entrer à l'hôpital.

On constate alors, au niveau de l'articulation métatarso-phalangienne du gros orteil gauche, une ulcération arrondie de la largeur d'une pièce de deux francs, d'un aspect gris sale, assez profonde, à bords réguliers, sans inflammation dans les tissus environnants. Sur les bras, petites excoriations isolées et discrètes couvezies de croûtes et semblables à des papules de prurigo grattées; à la région dorsale, d'autres ulcérations beaucoup plus profondes et atteignant la largeur d'une pièce de cinquante centimes, sont couvertes de croûtes soulevées par du pus et sont le siège d'un prurit assez intense.

Pensant avoir affaire à un syphilitique, M. Verneuil interroge Léon et apprend qu'en effet il a eu au mois de juillet un chancre, et qu'on lui a fait suivre pendant trente jours un traitement par la salsepareille et des pilules dont il ne sait pas le nom. Actuellement, au pli de l'aine, pléiade ganglionnaire caractéristique.

1. Pour des raisons particulières, M. Guillemin a substitué dans sa pratique la solution d'iode à l'iodure de potassium pour le traitement des maladies syphilitiques.

M. Verneuil pense que l'ulcération du pied esl due aux frottements répétés sur un orteil mal conformé, et que la syphilis entrave la cicatrisation. Il ordonne un pansement aux bandelettes de sparadrap de Vigo, des pilules de proto-iodure de mercure, des pilules de Vallet et du quinquina.

Le 19 février la plaie est réduite à la largeur d'une tête d'épingle. Les ganglions sont toujours engorgés ; les manifestations cutanées ont disparu. — Le malade sort.

B. — Observations dans lesquelles le malade n'avait pas d'accidents spécifiques au moment de la blessure.

Obs. XXV. — X..., soixante ans; ulcère indolent et de mauvais aspect, siégeant à l'épaule droite, durant depuis six mois et résultant de l'ouverture d'un abcès phlegmoneux survenu à la suite d'une chute sur cette partie. Inutilité des pansements; traitement spécifique; les chairs redevinrent belles. Succès complet1.

Obs. XXVI. — Syphilis latente. —Traumatisme. — Ulcération de la plaie.

Jules L... vingt-trois ans, conducteur de chemins de fer, entre à Lariboisière, salle Saint-Augustin, n° 39, le 7 avril 1870.

Dans les premiers jours de janvier, chancre induré à la verge.

Environ un mois après, plaie contuse de la jambe. En quelques jours se forme un ulcère de la largeur de la paume de la main, sans aucune tendance à la cicatrisation. Ni varices ni scrofule.

Dès son entrée, le malade est traité parla liqueur de van Swieten. On panse l'ulcère avec des bandelettes de diachylon. L'ulcère se cicatrise peu à peu et le malade sort guéri, le 23 juin 1870.

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