Saviard, Nom. Recueil d'obs. ehir., Paris, 1702, p
» A ce moment le malade fut atteint d'une pleurésie qui se termina par une évacuation abondante de pus par la bouche. Ce crachement continuant pendant un temps considérable, le malade tomba dans une telle exténuation qu'il n'avait plus que la peau collée sur les os.
» Cependant son ulcère était en bon état, et la seule cicatrice qui restait à faire n'était retardée que par le défaut de baume de nature, dont la source était épuisée. »
On l'envoya à la campagne ; il y suivit un régime tonique e réparateur, et l'ulcère se cicatrisa bientôt.
Obs. XXXIII. — Femme, cinquante-deux ans, tempérament robuste. Au niveau de la bosse pariétale droite, large plaie suite d'une contusion, datant d'un an environ, et qui suppure abondamment. On avait vainement employé toutes sortes d'onguents. Quelques années auparavant, chancres aux parties génitales, et au moment de l'entrée à l'hôpital, syphilis squameuse à la paume des mains. Pilules de proto-iodure de mercure ; la plaie ne tarda pas à s'améliorer notablement (Ambrosoli, loc. cit.).
Obs.XXXIV. — Thérèse M..., admise le 20 j uin 1 863 à l'hôpital des
vénériens. Robuste, n'a jamais eu comme maladie que des chancres aux parties génitales. Au moment de l'entrée, ecthyma syphilitique très étendu. Une plaie de l'index gauche résiste à tous les traitements. Sous l'influence de frictions mercurielles et de pilules de proto-iodure, la plaie et l'ecthyma disparurent bientôt (eod. loco).
Obs. XXXV. — Incision d'une gomme d'une bourse séreuse de la paume de la main. — Pas de cicatrisation. — Frictions mercurielles sur la plaie etiodure de potassium à l'intérieur. — Guérison (Voy. plus haut, p. 416).
M. Verneuil nous dit à propos de ce malade qu'il avait observé le même fait une fois déjà, et que dans son opinion il s'agissait aussi d'une gomme syphilitique, siégeant dans une bourse séreuse située exactement au même point.
Dans ce cas, il y avait bien des accidents tertiaires, mais la petite tumeur de la main avait des symptômes si peu caractérisques qu'on ne songea pas d'abord à l'existence d'une gomme.
g 5. Observations dans lesquelles la réunion par première intention a échoué.
Obs. XXXVI. — D..., trenle-cinq ans, eut en 1840 une rétention d'urine pour rétrécissement blennorrhagique1. A la suite d'uncathétérisme forcé avec une sonde métallique, l'urèthre fut perforé : une fistule resta.
En juillet 1843, chancres à la verge; accidents syphilitiques consécutifs; éruption au front, aux épaules, puis sur tout le corps; maux de gorge.
D... entre dans le service de Jobert dans l'état suivant : face et membres couverts de taches et de tubercules syphilitiques. Sur le dos, plusieurs tubercules ulcérés. Maux de gorge, pas de traces d'ulcérations dans l'arrière- gorge, ni sur le voile du palais.
La fistule a 2 centimètres 1/2 de long sur 1 centimètre de large; ses bords sont arrondis et indurés. Autour de cet orifice on voit encore trois petits chancres incomplètement cicatrisés et deux autres sur la peau du prépuce.
On administre au malade une pilule de proto-iodure de 5 centigrammes.
Au bout d'une semaine environ, les tubercules syphilitiques commencent à s'affaiser; après seize à dix-sept jours, gingivite, salivation. On cesse les pilules. A celte époque, à la place des tubercules, il ne restait que des taches légèrement cuivrées; les traces de chancres sur la verge avaient complètement disparu.
Le 3 décembre, avivement des bords de la fistule, dissection d'un lambeau de même forme fixé par dix points de suture.
Le 14, chute des points de suture par suite de l'ulcération de la peau voisine de la fistule. Sur le lambeau les fils ont résisté et demeurent encore dans son épaisseur.
Deux essais de suture le 16 et le 21 sont infructueux.
7 janvier 1844. — Nouvelle opération. Avivement, dissection d'un autre lambeau, six points de suture. Chute des fils et décollement du lambeau au quatrième jour. Le 14, on fait trois nouveaux points de suture, qui le 17 ont encore coupé la peau. Le 20, on met deux épingles, mais le 28 le lambeau est encore détaché ; on avive de
1. Jobert de Lamballe, Traité de chirurgie plastique, 1849, t. II, p. 171 (67° obs.).
nouveau les surfaces, on suture, on exerce la compression sur le tout. Le 1er et le 4 février, nouvelle suture sans plus de succès.
Le 7 février, de nouvelles syphilides se montrent à la face et sur presque tout le corps. On reprend le traitement anti-syphilitique et on abandonne toute idée de réunion.
Le 21 mars, l'éruption syphilitique a disparu. On fait unetroisième opération analogue aux précédentes; avivement, lambeau, suture, sonde à demeure.
Le 9 avril, la réunion est à peu près complète. II reste une petite fistule de quelques millimètres d'étendue. On avive et on suture. Pas de réunion. Cautérisation à la pierre infernale. Epingles. Cinq jours après, il ne restait plus que deux petits pertuis juxtaposés qu'on combattit à la fin de l'année par l'avivement et deux points de suture entortillée. Le malade finit par guérir; le 30 mars 1845 il sortait de l'hôpital sans fistule.
Obs. XXXVÏI. — Nousavonsvu en 1872, dans le service de M. Verneuil à l'hôpital Lariboisière, une femme dont l'observation a été rapportée par le Journal de médecine et de chirurgie pratiques l, juin 1872, et qui fut opérée dans les circonstances suivantes.
Cette femme, syphilitique depuis une dizaine d'années, avait eu pendant l'hiver de 1871-72 des accidents tenaces et très pénibles vers le pharynx et le voile du palais. Une perforation assez large du voile du palais avait persisté. Après les derniers accidents la malade, très inquiète de cette perforation, tourmenta M. Verneuil pour qu'il fit une- opération. Celui-ci, considérant que cette femme jouissait d'une excellente santé, que depuis trois mois toute trace de maladie avait disparu sans laisser la moindre induration des tissus, finit par céder aux obsessions de la malade et par se départir de sa règle de conduite habituelle, qui est de n'opérer que six mois après la disparition totale des derniers accidents. L'opération fut très simple : quatre points de suture métallique furent placés après avivement; il n'y avait aucune tension des tissus, tout paraissait devoir favoriser le succès de l'opération.
Malgré cela elle échoua complètement; les points de suture coupèrent les tissus et le sixième jour on pouvait constater que rien n'était réuni. Évidemment les tissus, encore sous l'influence de l'infection syphilitique, étaient sans tendance cà la réunion 2.