‹ Mémoires de chirurgie (volume 4)Chapitre 89 sur 192 · Voy. aussi Bull. gën. de thér., 1872, t. LXXXUI, p · texte numérisé non relu

Voy. aussi Bull. gën. de thér., 1872, t. LXXXUI, p

2. Observation analogue de Baizeau, Bull. Soc. Gkir., 2e série, t. II, p. 455.

Quatre ans auparavant, M. Verneuil avait fait une opération de cheilorrhaphie dans des conditions un peu différentes. L'infection datait d'un an et le malade n'avait aucun accident au moment de l'opération; le succès fut complet. Voici cette observation.

Obs. XXXVIII. — Un tailleur avait eu la lèvre inférieure enlevée par morsure, au mois de juillet 1867. Inoculation d'un chancre infectant. Accidents secondaires. Traitement suivi d'une cicatrisation normale de l'échancrure, qui se rapetissa remarquablement.

L'induration disparut lentement, et lorsque le malade vint me retrouver au mois de juillet 1868, les parties étaient saines en apparence. Comme, malgré la minime perte de substance, l'écoulement de la salive était continu et gênait beaucoup le malade, je lui accordai l'opération, m'étant d'ailleurs assuré qu'il ne présentait actuellement aucune trace de syphilis.

Dissection d'un lambeau losangique. Réunion avec deux épingles et deux points de suture. Pansement à l'eau froide. Réunion immédiate des plus belles. A la vérité, pas de tension et affrontement facile. Nul traitement spécifique concomitant. A peine de réaction locale. Résultats des plus simples.

Il n'est cependant pas probable que la syphilis ait été guérie, mais elle était dans la période latente.

Nous trouvons une intéressante observation de ce genre dans Friedberg (Chirurgische Klinik, Iéna, 1845, p. 87).

Obs. XXXIX. — Chez une malade atteinte d'une destruction étendue des fosses nasales avec carie du sphénoïde, Friedberg voulut pratiquer la rhinoplastie. Mais le malade étant en pleine syphilis, comme le démontraient clairement les altérations envahissantes des fosses nasales et les douleurs des os; ce chirurgien, intimidé par le fait de Blasius cité plus haut, et qu'il connaissait, n'osait pas opérer. Il fit d'abord suivre à sa malade un traitement approprié. Mais toute la médication antisyphilitique ne fut capable de mettre obstacle à la marche toujours envahissante de la syphilis qu'au bout d'un temps assez long, et avec beaucoup de persévérance de la part du chirurgien.

Enfin, bien convaincu que le libre accès de l'air dans les fosses nasales entièrement découvertes favorisait la marche de l'ulcération, que la cicatrice déjà obtenue des parties sur lesquelles devait être appliqué le nouveau nez était durable, et qu'une nouvelle manifestation de la syphilis en ce point n'était pas probable, Friedberg

opéra. La rhinoplastie réussit à merveille, et pourtant la syphilis n'était pas guérie; bien plus, elle se manifesta deux mois après l'opération par une périostite du sternum, marque certaine des accidents tertiaires. « La rhinoplastie démontra du reste, ajoute l'auteur, de quelle utilité était le rétablissement d'un toit naturel des fosses nasales. C'est à lui qu'il faut rapporter la cessation de l'ozène, de l'anosmie et de l'épiphora, et peut-être aussi celle de la carie du sphénoïde, de sorte que les parties attaquées de cet os purent être mobilisées et éliminées. »

Le mercure, à notre avis, pourrrait bien avoir été plutôt l'agent de toutes ces améliorations.

M. Abadie a lu à la Société de médecine de Paris une observation qui se rapproche des précédentes, et dont voici le résumé.

Obs. XL. — Homme de trente-quatre ans ; chancre en 1864 ; pas de traitement général; depuis lors, accidents généraux à plusieurs reprises; en 1873, iritis plastique; cécité. Traitement ioduré et frictions mercurielles, disparition de l'inflammation, mais les yeux restent dans le même état. On pense k faire une pupille artificielle, mais dans la crainte que le traumatisme provoque la formation d'exsudats au niveau de la nouvelle pupille, M. Abadie résolut de n'opérer que trois mois après la disparition complète des manifestations spécifiques, lridectomie à gauche ; dès le lendemain, fausse membrane, qui s'épaissit les jours suivants malgré la reprise du traitement spécifique. En outre, deux mois après, symptômes cérébraux attribués à la syphilis et qui cèdent aux frictions mercurielles et à l'iodure de potassium à hautes doses. Après la disparition de ces phénomènes on pratique de nouveau l'iridectomie à gauche, puis à droite, et celte fois avec succès1.

Ce paragraphe, qui intéresse au plus haut point la chirurgie opératoire, demanderait, pour être convenablement traité, un nombre de faits considérable. Malheureusement nous en avons très peu qui, à la vérité, sont assez concluants.

L'opéré de Jobert arrive avec une éruption syphilitique dans toute sa force; traitement de peu de durée, opération précoce, section des lèvres de la plaie par les fils. M. Verneuil opère dans les mêmes conditions, contre son habitude : même insuccès (Obs. XXXVII).

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