Lancereaux, op. cit., p
injections. « Il se produit souvent des ulcérations sur le point injecté, ulcérations qui se recouvrent de croûtes noirâtres, sont très douloureuses au toucher, et parfois même plus lentes à se cicatriser que les accidents spécifiques contre lesquels elles étaient dirigées.
» Quant aux abcès, dont nous avons vu deux exemples, bien des observateurs ont signalé leur présence à la suite de ce mode de traitement. Casati, qui employait de la même manière le calomel, parle d'un abcès phlegmoneux qui survint au niveau de l'injection1. »
A la vérité, les accidents consécutifs aux injections sous-cutanées sont relativement rares, si l'on en juge par le peu de faits que l'on trouve dans les nombreux mémoires ou thèses publiés depuis Liégeois sur ce sujet. Mais ne les a-t-on pas souvent passés sous silence?
Le trauma, affection locale, agissant sur l'organisme de façon à provoquer des manifestations d'un état général morbide resté jusqu'alors latent, possède incontestablement une action pathogénique. C'est ainsi, par exemple, que nous avons vu des rhumatisants, en bonne santé depuis plusieurs années, être atteints d'un rhumatisme articulaire aigu quelques jours après une fracture. Quelle est cette force excitatrice des blessures? Nous n'en savons rien; rien ne l'indique, ni le pouls, ni le thermomètre; mais si nos moyens d'investigation sont incapables de la mesurer, il faut néanmoins reconnaître qu'elle existe. L'état traumatique n'est donc pas défini ; on ne sait pas comment il agit ; mais il agit, puisqu'il provoque des manifestations d'un état général; il apporte de profondes modifications dans l'économie, il l'ébranlé, et la diathèse réveillée ne tarde pas à se montrer sous la forme qui lui est propre. Pour la syphilis en particulier, le traumatisme ne tient aucun compte ni de la division classique en périodes, ni de la gravité variable de la diathèse; il agit aussi bien dans la période tertiaire que dans la période secondaire, dans la forme bénigne de la vérole que dans sa forme grave ; bref, il ne reconnaît aucune des distinctions que nous avons admises dans notre introduction.
Les lésions traumatiques ont en effet agi de plusieurs façons sur la syphilis, dans les observations que nous rapportons plus loin.