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Cazenavc, Traité des syphilides, p

Quelques jours plus tard il ne restait plus que destachesbrunâtres.

L'observation suivante offre un intérêt particulier à cause des difficultés qu'offrait le diagnostic touchant la nature de l'ulcération consécutive au vésicatoire. La malade était tuberculeuse et paludique, le mauvais aspect de l'ulcération pouvait donc s'expliquer par l'état quasi cachectique où elle se trouvait; de plus elle niait la contamination syphilitique, qui du reste était peut-être congénitale. Malgré cela, en me guidant sur les caractères objectifs de la plaie et sur la facilité avec laquelle les irritations externes provoquaient les manifestations syphilitiques, j'instituai le traitement, qui confirma bientôt mes soupçons.

Obs. XLIX. — Ulcération tertiaire consécutive à V application d'an vésicatoire. — Traitement spécifique. — Guérison.

Marie D..., vingt ans, fleuriste, entrée à l'hôpital de la Pitié le 24 septembre 1881. Antécédents morbides nombreux, père syphilitique, mère encore vivante, hystérique. Marie elle-même a été affectée dans sa première enfance de gourmes et d'ophtalmies. A six ans, éruption vésiculeuse accompagnée de fièvre; pendant plusieurs années, à peu près dans la même saison, cette éruption se reproduisit en diminuant toutefois de durée et d'intensité. Vers douze ans, la malade commence à tousser et à souffrir du côté gauche de la poitrine. A quatorze ans, séjour de trois mois à l'hôpital pour une gastrite rebelle.

A quinze ans, Marie, chétive, de petite taille, à peine développée et n'ayant pas encore vu les règles apparaître, devient enceinte et accouche sans accident d'un garçon qui succombe cinq mois plus tard à une affection intestinale.

Six semaines après la délivrance, recrudescence des symptômes pulmonaires ; on prescrit la viande crue, le quinquina, l'huile de foie de morue. La malade sort de l'hôpital, mais elle y rentre deux mois plus tard, atteinte, sans cause appréciable, d'une pelvi-péritonitequi se prolonge pendant trois mois environ; à dix-sept ans, nouvelle grossesse, naissance sans accident d'une fille qui meurt dixhuit mois après d'une affection de la poitrine. En avril 1879, Marie va en Algérie ; elle est prise presque aussitôt de fièvre intermittente quotidienne. Retour en France et séjour à Marseille à la fin de l'année 1880. L'état de la poitrine est meilleur, mais les fièvres reviennent encore de temps à autre, moins longues et moins intenses à la vérité qu'en Afrique.

Le 28 août 1881, Marie, admise à l'hôpital Cochin,y fait une fausse

couche à quatre mois et demi environ. Les suites n'en sont pas graves, mais la région hypogastrique reste douloureuse, de sorte que le 2 septembre on applique loco dolenti un large vésicatoire, lequel au lieu de sécher comme à l'ordinaire suppure abondamment, puis se couvre d'ulcérations et finalement se métamorphose en une plaie large et profonde de 2 millimètres en moyenne.

Divers topiques étant employés sans succès, la malade rentre chez elle le 21 septembre, mais trois jours après se fait admettre dans mon service, salle Lisfranc, n° 31.

Le chirurgien qui me remplaçait constate le reliquat de la pelvipéritonite, mais ne se prononce pas sur la nature de la plaie de l'hypogastre. Il prescrit des pansements antiseptiques soignés, et à deux ou trois reprises une cautérisation avec la solution de nitrate d'argent. Malgré cela, la cicatrisation ne s'effectue pas, et lorsque ayant repris mon service j'examine à mon tour la patiente le 24 octobre 1881, je trouve une large ulcération indolente, à bords festonnés, saillants, de forme ovalaire, et recouverte de distance en distance de petites croûtes. La peau voisine est d'un brun rouge. Point d'engorgement ganglionnaire.

Le ventre est encore douloureux. La poitrine est relativement en assez bon état, bien que les sommets renferment certainement des tubercules. La fièvre intermittente n'est pas revenue, mais la faiblesse est grande et la santé générale est mauvaise.

Malgré les dénégations de la patiente qui affirme n'avoir jamais eu d'affections vénériennes, reconnaissant dans la plaie abdominale les caractères des ulcérations syphilitiques secondaires tardives ou tertiaires précoces, je prescris en même temps que les toniques le traitement mixte par le sirop de Gibert et les applications locales d'emplâtre de Vigo.

Le résultat fut tout à fait décisif, la cicatrisation commença aussitôt ; au bout d'une semaine elle était très avancée ; l'épidermisation gagna de la circonférence au centre, et de légères croûtes se formèrent. Dans la première quinzaine de novembre, la cicatrice achevée était rose et un peu indurée. La malade très joyeuse demande son exeat; je lui recommandai de continuer le traitement. Je ne l'ai pas revue.

Obs. L. — Dans la séance de la Société de chirurgie du 8 avril 1868, M. Verneuil présenta au nom de M. Louis Thomas (de Tours), une observation de fracture du tibia chez un syphilitique et à la suite de laquelle il survint des gommes autour du siège de la

fracture. On fît suivre au malade un traitement ioduré. Guérison. Malheureusement cette observation n'ayant été publiée à cette époque ni dans les Bulletins de la Société de chirurgie ni dans les principaux journaux de médecine, nous n'avons pu la retrouver.

Obs. LI1. — Un homme de vingt-neuf ans eut en février 1843 deux chancres indurés au gland, puis sur la face externe des bras et sur les épaules une éruption de petits boutons coniques, rouges, nombreux. Traitement mercuriel. — Au bout d'un mois les chancres étaient guéris, mais l'éruption syphilitique ne disparut que plus tard. Trois semaines après, ulcérations au voile du palais, à la voûte palatine et à la face interne des joues. Nouveau traitement mercuriel pendant six semaines. Guérison des ulcérations.

Six mois après l'apparition des chancres, écorchure légère sur le dos du nez qui s'enflamme, devient rouge et gonflée sur les bords; extension érysipélateuse de l'inflammation qui cède bientôt à un traitement antiphlogistique; mais le nez reste un peu rouge et excorié. Un mois après il s'y élève une petite tumeur qui acquiert en quelques jours le volume d'un pois. Un médecin consulté crut devoir l'inciser. Le tumeur s'enflamma et suppura. Bientôt le nez devint rouge, et plusieurs autres tubercules se groupèrent autour du premier (syphilide tuberculeuse).

En août 1844, le malade entre à Saint-Louis. Ce ne fut qu'après un traitement antisyphilitique suivi avec persévérance pendant plus d'une année, qu'il put sortir guéri, en décembre 1845. Un nouvel érysipèle survenu au mois d'août avait paru exercer une influence des plus heureuses sur la syphilide.

Obs. LU. — Sur une jeune fille atteinte de syphilis, et qui s'était exposée à un courant d'air, Huguier vit apparaître du côté de l'iris et de la peau des phénomènes syphilitiques et une ophthalmie2.

Mackenzie3 admet aussi que, chez des sujets prédisposés, un traumatisme léger suffit pour déterminer l'iritis.

« Bien que cette affection, dit-il, soit indubitablement le résultat de Faction syphilitique et qu'elle débute souvent sans aucune cause excitante appréciable, elle est souvent amenée, comme d'autres

1. Cazenave, Annales des maladies de la peau et de la syphilis, t. III, p. 160.

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