Léon Brière, Gaz,, des Hop., 1873, p
2. Note recueillie dans le service de M. Verneuil par M. Ledoux.
cuivrée, est recouverte d'une couche peu abondante de pus grisâtre. L'orteil est tuméfié, violacé, mais peu douloureux, même pendant la marche. Au pied droit, à la face interne du troisième orteil, autre ulcération absolument semblable à la précédente et aussi peu douloureuse.
Ces deux ulcérations ont pour cause une contusion produite, à gauche, par un cheval qui a marché sur un pied du malade, et à droite par une caisse assez lourde qui est tombée sur l'autre. Les contusions n'ont pas été assez fortes pour empêcher le malade de marcher, mais environ quinze jours après les ulcérations se manifestèrent.
Le malade présente des signes non équivoques d'une syphilis antérieure. De chaque côté, engorgement et induration des ganglions inguinaux. Or, les contusions du pied ne provoquent en général qu'un engorgement des ganglions verticaux. A la verge, petites saillies papuleuses que l'on ne peut rattacher qu'à des accidents secondaires. Enfin, à la face antérieure des jambes et des cuisses, tâches brunâtres, évidemment syphilitiques, qui durent depuis bientôt quatre ans.
Cela, joint aux caractères objectifs des ulcérations des orteils, permet d'affirmer qu'on a affaire à des ulcérations syphilitiques dont le développement a été provoqué par les contusions des pieds. Ce sont des manifestations tardives de la syphilis secondaire, qui, comme on le sait, affectent souvent les commissures naturelles, celles des orteils en particulier.
Un peu de charpie sèche sur les ulcérations et le sirop de Gibert à l'intérieur firent tous les frais du traitement.
Obs. LVI1I. — Contusion (ht tibia chez un syphilitique. — Développement à"une exostose an point blessé.
X..., vingt-deux ans, chancre induré du frein en mai 1869. Pléiade ganglionnaire des deux côtés.
Traitement mercuriel ; pas de roséole. Vers la fin d'août, chute des cheveux, un peu d'angine produite par quelques plaques muqueuses. Traitement sévère; un mois après, à la suite d'un bain, éruption d'ecthyma d'une gravité extrême sur le dos et les membres ; le traitement mixte la fait disparaître vers la fin de janvier, mais malgré les bains de sublimé, il reste une coloration caractéristique des cicatrices.
Voici la partie intéressante de l'observation : cet homme se heurte fortement la jambe contre un cerceau en fer.
Vers le milieu du tibia, à la partie antérieure, plaie de 2 à 3 centimètres, peu profonde et produite par éraillure et arrachement. Os sensible; deux jours après, la plaie lavée et recouverte en permanence de compresses d'eau alcolisée, prend sur ses bords une teinte ecchymotique, presque cuivreuse. Le troisième jour, l'épine du tibia fait une légère saillie au-dessus de la plaie. Une exostose du volume d'un petit œuf se développa, et, donnant l'éveil, fit administrer l'iodure de potassium ; elle siégeait à un centimètre au-dessus de la plaie, sur la partie du tibia qui avait porté la première *.
Obs. LIX. — Syphilis antérieure. — Coup à la tête. — Syphilides successives au voisinage de la cicatrice.
Jean G. . . , trente-sept ans, journalier, entre à l'hôpital Lariboisière, le 28 avril 1870. D'après lui, il n'aurait jamais eu la vérole; ce n'est qu'avec beaucoup de peine qu'on apprend qu'il a eu, il y a six ou sept ans, quelques végétations à la base du gland. Liées avec un fil de soie, elles sont tombées, laissant une petite ulcération, qui, pansée avec l'onguent gris, guérit en quelques jours. Il n'en reste aucune trace. A peu près en même temps, écoulement, qui fut coupé avec un setier de vin additionné de la poudre de deux cartouches.
Maux de gorge de temps en temps. S'enrhume facilement. Actuellement voix enrouée. Jean pouvait à peine parler il y a un mois. L'examen de l'arrière-bouche ne démontre rien. — 11 y a un an, éruption de petits boutons rouges, peu élevés et assez larges. Bains sulfureux. Pommade sulfureuse. Guérison en huit jours.
Il y a trois ans, coup à la tête. La peau du front et le cuir chevelu voisins sont fendus verticalement dans l'étendue de 5 à 6 centimètres. Piéunion avec du taffetas gommé. Au troisième jour, cicatrisation complète. Quelque temps plus tard, près de la cicatrice, petit bouton qui augmente peu à peu de volume, et s'ulcère. Pansement avec du papier gommé. Cicatrisation en cinq à six jours.
Pendant deux ans, ulcérations qui paraissent et se cicatrisent alternativement dans une étendue de deux centimètres environ sur les côtés de la cicatrice de la blessure primitive. Depuis un an, les ulcérations persistent.
Actuellement, sur la peau du front, cicatrice linéaire, verticale, très nette, de la couleur de la peau, commençant à 3 centimètres au-
1. J.-A. Moreau, Influence- des diathèses (scrofule et syphilis) en chirurgie. Thèse de Paris, juillet 1872, p. 25.
dessous de la racine des cheveux, au milieu desquelles elle se perd. Elle sépare deux ulcérations. Celle de droite, ronde, présente les dimensions d'une pièce de 20 centimes ; celle de gauche est plus étendue, à bords sinueux, taillés à pic et légèrement décollés. Surface grisâtre, recouverte d'un peu de pus; la coloration cuivrée des bords devient rouge peu à peu et forme autour des ulcérations une auréole rougeâtre. On dirait des gommes ulcérées. Autour sont des squames épidermiques. D'autres ulcérations recouvertes de croûtes grisâtres siègent dans les cheveux. Les ganglions cervicaux sont engorgés.
On fait prendre 1 gramme d'iodure de potassium par jour.
Le 10 mai, l'ulcération située à droite de la cicatrice est guérie, celle de gauche a diminué de moitié; 2 grammes d'iodure de potassium.
Le 12 il n'y a presque plus rien; les croûtes du cuir chevelu tombent peu à peu. Le malade sort sur sa demande. On lui conseille de prendre, matin et soir, 1 gramme d'iodure de potassium.