‹ Mémoires de chirurgieChapitre 116 sur 209 · INFLUENCE DE L'IMPALUDISME SUR LE TRAUMATISME · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE L'IMPALUDISME SUR LE TRAUMATISME

M. Dériaud reproduit d'abord le passage de Mazzoni ou congrès de Paris :

« C'est un fait positif, écrit M. Mazzoni, de Rome, que les accidents les plus épouvantables des opérations chirurgicales, comme l'érysipèle, la phlébite, l'infection purulente et putride, sont extrêmement rares dans nos hôpitaux.

« Je ne veux pas dire que nos opérés ne meurent pas ; au contraire, ils paient leur tribut aux accidents immédiats des opérations, et surtout à l'intoxication palustre, résultat des fièvres intermittentes graves. En Angleterre, en Allemagne, en France et ailleurs, les opérés meurent par l'alcoolisme, le diabète, l'albuminurie et par les affections simultanées du cœur et du cerveau. Dans les États Romains, notre complication est l'infection paludéenne, qui entraîne l'appauvrissement du sang et enlève aux malades les ressources d'une bonne réaction et la vigueur pour supporter les suites des grandes opérations. Mais les opérés n'ont pas seulement à ressentir les mauvais effets de l'intoxication palustre plus ou moins lente, puisqu'il arrive malheureusement de voir, après une opération, se développer une fièvre traumatique pernicieuse d'emblée. Le chirurgien qui n'aurait pas recours immédiatement au sulfate de quinine à fortes doses, verrait invariablement mourir son malade dans l'espace de quelques heures. En somme, le sulfate de quinine est pour nous une arme indispensable pour mener à bonne fin la plupart des opérations l. »

Puis il continue : « Par le trouble profond qu'il porte dans l'état général des sujets, trouble souvent dissimulé depuis longtemps, le paludisme imprime au traumatisme des modifications très-marquées. Il entraîne, entre autres, le développement d'accidents comme la pourriture d'hôpital, la gangrène, qui d'ailleurs peuvent survenir en dehors de toute influence palustre. »

Le paludisme peut donner au traumatisme une physionomie spéciale, caractérisée par l'intermittence des complications.

1 Mazzoni, Congrès médical international. Paris, 1867. p. 298.

Les complications qui ont présenté ce type sont : la douleur, l'hémorrhagie , l'érysipèle, le tétanos. Voici des observations à l'appui.

Page 1