‹ Mémoires de chirurgieChapitre 131 sur 209 · Chomel. Pathologie générale, 1867, p · texte numérisé non relu

Chomel. Pathologie générale, 1867, p

d'espèces d'intoxications, on les rechercherait en vain dans l'intoxication palustre, dont les longues incubations prouvent la latence, dont les nombreuses récidives, hors des atteintes de la cause première, mesurent la longue évolution, et que suit une cachexie particulière souvent fort longue, plus souvent encore incurable.

Avec plusieurs auteurs modernes qui admettent les intoxications parmi les maladies diathésiques, en en faisant un genre spécial, je crois qu'on peut regarder l'intoxication palustre confirmée comme une diathèse, c'est-à-dire comme une maladie totius substantiœ de cause acquise, caractérisée par l'altération du sang, ayant une marche à récidives et attaques séparées, se terminant par un état cachectique. Les manifestations récentes, consistant presque toujours dans l'accès intermittent régulier, sont un effet direct de la cause miasmatique, et ses manifestations éloignées ou graves sont liées à la diathèse. »

En fait, l'impaludisme crée bien, dans la majorité des cas, un tempérament morbide qui imprime son cachet à tous les actes de l'organisme soumis à son influence. A ce titre, il occupe une place importante parmi les affections générales dont on étudie l'influence en chirurgie.

Dumas1 est, à notre connaissance, le premier qui ait abordé la question; mais après avoir lu son mémoire, nous demeurons convaincu que les accidents qu'il décrit ne peuvent pas être imputés à l'impaludisme.

Les observations publiées dans le Mémorial des hôpitaux du Midi, nous paraissent au contraire parfaitement concluantes : les principaux accidents des plaies dus à l'impaludisme, y sont déjà signalés; tels sont les cas d'hémorrhagie2, de fièvre3, de névralgie rapportés par Delpech et Lafont-Gouzi.

Dans l'article Intermittence du Dictionnaire en 30, Littré cite

1. Le titre du travail ferait aisément prendre le change, car il est ainsi conçu : Dissertation sur la nature et le traitement des fièvres rémittentes qui compliquent les grandes plaies et qui peuvent être assimilées aux fièvres intermittentes ou rémittentes pernicieuses. Mais la lecture dissipe le doute et montre qu'il s'agit simplement d'infection purulente, maladie qui n'était pas encore bien décrite alors et dans laquelle la fièvre affecte souvent le type rémittent.

Alibert a, comme beaucoup d'autres, adopté l'opinion de Dumas et rapporté des observations analogues, auxquelles peut s'appliquer notre remarque. (Traite des fièvres pernicieuses intermittentes, 5e édition, p. 289,1820.) A. V.

Page 1