Grasset. Du cancer de la rate, Montpellier, 1874, p
n'avait jamais présenté aucun symptôme d'intoxication tellurique1. Il n'est pas jusqu'aux lésions des organes thoraciques qui ne puissent donner lieu à des phénomènes intermittents, comme le prouve la curieuse observation publiée récemment par M. Burdel (de Vierzon) sur un Calcul des bronches ayant donné lieu à des phénomènes d'intoxication palustre : l'expulsion de la concrétion bronchique, dans une quinte de toux, mit seule fin aux accès de fièvre contre lesquels le sulfate de quinine avait été inutilement employé.
C'est pour ne pas avoir assez tenu compte de cette distinction importante, qu'on a parfois publié des observations qui nuisent à la cause que nous défendons, bien loin de la servir. Une autre erreur contre laquelle on ne saurait trop se tenir en garde, est celle qui consiste à mettre au passif de l'impaludisme tous les accidents guéris par le sulfate de quinine, par une application déplacée d'un principe vrai : naturam morborum ostendunt curationes. Toutes les névralgies dont M. Verneuil a fait l'histoire, dans son mémoire lu au Congrès de Lille, ont cédé au sulfate de quinine et cependant, nous l'avons déjà fait observer, l'impaludisme n'a été constaté que dans deux cas.
C'est à ce vice de raisonnement qu'il faut attribuer, sans doute , la confusion dans laquelle est tombé Dumas, qui regardait comme analogue aux fièvres décrites par Torti la lièvre intermittente qui complique les plaies, et contre laquelle la quinine lui avait donné de bons résultats.
Ce sont là des écueils que nous nous efforcerons d'éviter dans notre étude; nous n'adopterons pas la division des accidents qui compliquent les plaies du fait de l'impaludisme, en intermittents et non intermittents; ce caractère ne nous paraît pas assez absolu pour légitimer une division : nous préférons prendre successivement les divers accidents qui suivent le traumatisme, et voir comment l'impaludisme les complique ou les modifie. Nous aurons, par conséquent, à décrire d'abord les accidents généraux de plaies évoluant sur un malade en puissance d'intoxication miasmatique, et parmi eux le plus important, sans contredit : la fièvre. Nous passerons ensuite en revue les accidents locaux, hémorrhagie, névralgie, phagédénisme, etc.
Mais ce qu'il importe de ne pas perdre de vue, à quelque accident qu'on ait affaire, c'est qu'un malade peut, devant le traumatisme, se présenter dans trois conditions diverses :