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On retrouve ce fait dans la thèse de M. Mathon, obs. III

1° Il n'a jamais eu de manifestation de l'intoxication tellurique, mais il y est actuellement exposé ;

2° Il a eu des accidents, mais il n'en a plus actuellement;

3° Il est atteint de cachexie palustre.

Pour le premier cas, rien de plus simple : l'organisme avait subi l'influence des miasmes; il n'avait pas encore protesté. Un traumatisme survient : c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase; la résistance vitale est diminuée par cette lésion imprévue, et les manifestations de l'intoxication miasmatique viennent compliquer, à des degrés divers, les accidents normaux du traumatisme. C'est ce que les observations de Cocud mettent hors de doute; et Mazzoni d a signalé ce fait au Congrès médical de 1867 : « Les opérés, y disait-il, n'ont pas seulement à ressentir les mauvais effets de l'intoxication palustre plus ou moins lente, puisqu'il arrive malheureusement de voir, après une opération, se développer une fièvre traumatique pernicieuse d'emblée. »

Bérenguier 2 n'est pas moins explicite : « J'ai souvent vu les opérations chirurgicales les plus simples, devenir le motif occasionnel de la périodicité. Je l'ai vue survenir chez les fracturés et chez des hommes qui n'étaient arrêtés que par une simple entorse. Elle s'est montrée tout récemment chez une de mes malades, convalescente après une opération de hernie étranglée. C'est que, comme l'a indiqué Dupuytren, la fièvre traumatique a pour effet d'accroître les dispositions maladives que l'organisme peut receler, et de faire éclater des maladies qui sans elle ne se seraient pas montrées. »

Nulle part, peut-être, ce fait n'est mis mieux en lumière que par Duboué3 : <* Les causes occasionnelles de l'intoxication palustre, dit-il, sont les privations ou les excès, les opérations chirurgicales, la grossesse et surtout l'état puerpéral... 11 est facile de comprendre que l'infection palustre puisse se montrer dans certains cas chez des sujets prédisposés et venant de subir une opération chirurgicale. Nous trouvons en effet chez beaucoup d'opérés la plupart des causes occasionnelles déjà énoncées.

» Je suis convaincu qu'un certain nombre d'opérés peuvent être pris d'accidents palustres, succomber même dans quelques cas, si la complication est méconnue. Or elle doit l'être souvent dans les cas où, ne s'arrêtant pas à la forme de la fièvre intermittente, l'intoxication palustre vient à s'observer dans un pays sans marécages ; car

1. Mazzoni. Congrès médic. international de Paris, 1867, p. 298.

2. Bérenguier. Traité des fièvres intermittentes, 1865, p. 62.

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