DE LA SPLENITE TRAUMATIQUE AIGUË
par M. A. MATHON1
C'est à peine si les ouvrages de chirurgie renferment quelques lignes sur la splénite traumatique. Follin2 dit : « Les contusions simples de la rate sans déchirure ont été observées, mais les faits consignés dans les recueils et dans les auteurs, ont principalement trait aux déchirures. »
Il en est de même de Nélaton 3 : « Les contusions de la rate ne sont pas rares, dit-il ; les altérations pathologiques, qui se rencontrent à la suite des contusions de la rate, varient depuis le plus léger
épanchement jusqu'à la réduction de l'organe en bouillie Les
lésions qui présentent le plus d'intérêt sont les déchirures. »
Vidal de Cassis ne parle que des plaies de la rate. Roche4, tout en regardant la splénite aiguë et la splénite traumatique comme très rares, donne une description de la première d'après un cas qu'il a observé. Boyer, Dupuytren ne parlent que des ruptures, des plaies. Larrey3 cite trois blessures de la rate, et un cas de splénite franche.
En Angleterre, dans les derniers ouvrages, la splénite est complètement passée sous silence. Holmes ne parle que des ruptures, Gulhrie, Pieynolds ne disent guère autre chose. Il faut remonter à Copland6 qui donne une description de la splénite aiguë, en admettant que la fièvre est rémittente et intermittente ; il cite surtout Piorry. Bright7 dit quelques mots de la splénite, mais ajoute qu'il est difficile de la distinguer de la congestion, de l'hyper-
1. Thèse inaugurale, Paris, 1876. — Nous avons retranché l'introduction de ce travail, et n'en avons reproduit que l'historique et la partie clinique.
2. Dict. encycl. des sciences mèd., art. Abdomen (Confusion de 1').
3. Éléments de pathologie chirurgicale, t. IV, p. 161, lre édit., 1857.
4. Nouv. éléments de Path. méd.-chir., 4e édit. t. Ier, p. 226, 1844.