‹ Mémoires de chirurgieChapitre 162 sur 209 · Des congestions sanguines de la rate · texte numérisé non relu

Des congestions sanguines de la rate

11. Sur l'engorgement de la rate dans les fièvres intermiitentes(Gaz. méd. de Paris, 1833, p. 378).— Traité de méd. prat., t. V, 1845. Traité de diagnostic. Traité de percussion. Clinique médicale.

12. Bouillaud, Nosogr. méd., t. III, p. 309 et suiv ,1846 — et Bull.Acad. de méd., t. XII, p. 270.

comme fréquente la splénite traumatique, soutint avoir vu dessplénites traumatiques ou par propagation sans accès de fièvre intermittente-, pour lui la fièvre est toujours continue.

Quoique d'accord avec Piorry sur la splénite traumatique, d'autant plus, qu'en général, mes observations concordent avec les siennes, je me vois obligé de m'écarter de lui sur la question de la fièvre intermittente. Je crois, comme d'autres l'ont déjà dit, qu'il existe deux ordres différents de maladies intermittentes : les unes, idiopathiques, sont produites par une cause morbifique qui trouble l'économie et détermine l'apparition et la répétition des accès; les autres, symptomatiques, ne sont que des fièvres intermittentes produites par des maladies diverses et de nature différente, se rattachant à une lésion matérielle quelconque.

Nous mettons sur le même pied la fièvre intermittente notée dans la contusion de la rate et celle qui se manifeste dans les affections des reins, du foie1, etc.

La splénite aiguë avait été l'objet d'études approfondies; Andral2, tout en la regardant comme rare et due surtout au traumatisme, se rangeait à l'avis de Piorry; il en était de même de Cruveilhier. En général les pathologistes sont unanimes à déclarer que la splénite aiguë est rare ; mais presque tous sont d'avis qu'elle existe.

Fuehrer3 a étudié la structure de la rate et ses altérations pathologiques, mais parle peu de la splénite.

Cependant Rokitansky4 ne voit dans la phlegmasie splénique qu'une espèce de phlébite; Bamberger5 fait de l'abcès splénique un phénomène consécutif de l'infarctus.

Lebert6 déclare, en dehors de la splénite suppurée ou secondaire, n'avoir jamais rencontré ni sur le vivant ni sur le cadavre les caractères certains d'une splénite. Niemeyer 7 dit que les infarctus hémorrhagiques sont plus communs dans la rate que partout ailleurs et arrivent par embolies venant du cœur à la suite d'endocardites. L'inflammation de la rate est une maladie excessivement rare. Même les influences traumatiques produisent plutôt la rupture que l'inflammation de la rate. La splénite serait à l'infarctus, ce que la phlébite est à la thrombose veineuse. Pour notre part nous

1. Thèses de Bourdin, 1827, Colard, 1835, Souesme, 1857, Magnin, 1869, etc.

Page 1