‹ Mémoires de chirurgieChapitre 173 sur 209 · Même ouvrage, p · texte numérisé non relu

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Obs. XIII. — Splénite traumatique. Fièvre intermittente. Guérison par évacuations sanguines et vésicatoires.

Chute sur I'hypochondre gauche. Aussitôt, nausée très forte. Une heure après, frisson pendant une heure, chaleur qui dure trois quarts d'heure, sueur quatre heures; douleurs qui se reproduisent tous les jours au moindre mouvement etk la percussion, laquelle détermine un frisson; le malade reste quarante et un jours à l'hôpital; l'affection disparaît après une application de 30 sangsues ; deux jours après, un vésicatoire ; dix jours après, 25 sangsues, et cinq jours après, nouveau vésicatoire (n° 67).

Obs. XIV. — Splénite traumatique. Accès fébrile très fort, huit jours après, accès fébrile journalier. Hypersplénotrophie- Guérison par le sulfate de quinine.

Chute sur I'hypochondre gauche. Aussitôt après, frissons durant toute la journée et même la nuit; sangsues. Douleur au côté gauche seul persiste. Huit jours après, les frissons reparaissent, suivis de chaleur et de sueur, et se reproduisent pendant quinze jours. Douleur au niveau de la rate, s'étendant à l'épaule gauche, augmentant par la pression et la percussion. Rate, 16 centimètres. En trois jours, les symptômes disparaissent sous l'influence d'un gramme de sulfate de quinine par jour (n° 68).

'■- Obs. XV. — Splénite traumatique. Traitement par les saignées. Le volume de la rate reste le même. Emploi du sulfate de quinine. Guérison.

Chute de cinq mètres de haut dans une carrière. Perte de connaissance, plaie à la tête saignant beaucoup, rate volumineuse, autres organes sains, respiration précipitée, pouls plein, sueurs, douleurs, frissons. Deux saignées de -400 grammes. Rate diminuée un peu; la fièvre revient; sous l'influence du sulfate de quinine (1 gramme) elle disparaît en trois jours, la rate diminue, et le malade sort huit jours après son entrée à l'hôpital (n° 71).

Obs. XVI. — Splénite. Splénalgie. Hijpersplénotrophie. Fièvre intermittente. Guérison par le sulfate de quinine.

Chute sur le côté gauche; étourdissement, céphalalgie sus-orbitaire intense et fièvre continue. Saignée le quatrième jour; le sixième,, la fièvre devient intermittente ; l'accès vient à 2 heures après midi et dure toute la nuit. Rate douloureuse et volumineuse. Le sulfate de quinine (1 gramme par jour) en a facilement raison (n° 72).

Obs. XVII. — Splénite et hypersplénotrophie. Fièvre intermit tente. Chlorose consécutive. (Obs. de M. le Dl Maillot.)

Chute, quatre semaines auparavant, sur l'hypochondre gauche. Douleur intense à la hauteur de l'organe splénique, revenant par crises et surtout la nuit ; céphalalgie, élourdissements fréquents, fièvre intermittente revenant à l'approche de la nuit depuis huit jours, frisson durant environ dix minutes, précédé ou accompagné de chaleur et de sueur. Rate, 0 m. 155 sur 0 m. 12. Saignée générale. La rate diminue de volume, n'est plus douloureuse et la fièvre disparaît. Chlorose traitée par le sous-carbonate de fer (n° 161).

Dans les observations suivantes, peut être existait-il antérieurement une intoxication paludéenne.

Obs. XVIII. — Homme de ving-trois ans, habitant un endroit marécageux depuis six mois. Coup de pied de cheval sur le bas-ventre; douleur intense dans la région splénique; une fièvre intermittente légère se déclare sept jours après. Sept mois plus tard, récidive spontanée sous le type tierce (p. 86 et 215, n°45).

Obs. XIX. — La femme P... avait la fièvre depuis quinze jours quand, frappée de congestion cérébrale, elle fit une chute sur la région lombaire. Aussitôt, douleur violente dans le côté gauche, persistante depuis. La fièvre se reproduit tous les deux jours, vers le soir. Lavement purgatif, sulfate de quinine 1 gramme. Six jours après, la fièvre ne reparaît plus; quatre jours plus tard, la malade sort guérie (n° 73).

Obs. XX. — Hypersplénotrophie. Fièvre intermittente partielle. Splénalgie.

P... fait, dans la nuit du 8 au 9 octobre 1834, un voyage sur les bords de l'Oise au moment où les eaux étaient basses. Quelques jours après, chute sur les bras, les jambes et le côté gauche. Quatre jours après, frisson général suivi de chaleur; saignée. Trois jours après, le 18, frissons aux pieds et aux jambes, accompagnés de tremblements pendant huit heures, et remplacés par une chaleur brûlante limitée aux genoux et qui dura trois heures. Rate volumineuse et douloureuse. Cataplasme. Le 20, même accès. Le 21, à 11 heures, retour de la fièvre; la chaleur des jambes est suivie de sueurs. Sulfate de quinine, 1 gramme. Le 22, pas de frisson; rate moins douloureuse et diminuée de volume. La rate reste douloureuse jusqu'au 27 et, le 31, P... sort tout à fait guéri (n° 65).

Obs. XXI. — H ypersplénotrophie. Fièvre intermittente.

Une chiffonnière, demeurant près de la Bièvre, constitution faible, jamais bien portante depuis une fluxion de poitrine qu'elle a eue il y a un an. Il y a deux mois, coup de pied dans la région de l'estomac; elle crache le sang depuis ce temps et aune douleur dans cette région et dans tout le côté droit. Depuis quinze jours, elle éprouve tous les soirs un frisson non suivi de chaleur. Rate volumineuse. Sulfate de quinine 0 gr. 75. Trois jours de traitement ont arrêté la fièvre; plus de sang dans les crachats. Rate moins volumineuse. La malade sort pour affaires (n° 75.)

Obs. XXII. — Fièvre intermittente. Hypersplénotrophie. Doses considérables de sulfate de quinine. Guérison très rapide.

T..., bonne santé antérieure, est allé passer quelque temps dans un pays marécageux. Le 30 août 1840, chute sur le côté gauche; douleur intense, respiration pénible. Quinze jours après, fièvre quarte qui dura deux mois, puis devint quotidienne, irrégulière. Chaque accès retardait sur le précédent. Entrée à l'hôpital le 16 février 1841. Coloration jaunâtre de la face ; raie mesurant 6 pouces et demi. Le 17, 50 grains de sulfate de quinine; le 18, plus d'accès, même dose; le 19, le malade sort après avoir pris encore la même dose de sulfate de quinine, qui ne lui a occasionné qu'un peu de surdité passagère (n° 132).

Dans les dernières observations de M. Piorry, il avait existé précédemment une fièvre intermittente.

Obs. XXIII. — T..., quarante-trois ans, bien portant, ayant, eu les fièvres intermittentes à 20 ans, reçoit, le 20 avril 1835, un coup de pied à la région splénique. Douleurs. Le 23, à onze heures du matin, frisson, chaleur, sueur le soir; face un peu jaune. Rate volumineuse, douloureuse à la pression et à la percussion. Saignée, diète.

La fièvre cesse le 26; la rate, toujours douloureuse et volumineuse, revient à l'état normal sous l'influence de deux jours de traitement par 4 grammes de sulfate de quinine, (n° 69).

Obs. XXIV. — F..., quarante-deux ans, a eu les fièvres intermittentes il y a un an. Le 2 décembre, contusions multiples, entre autres à 5 heures accès sur la région de la rate. Le 3, à 5 heures du matin, frisson; le 4, du soir; rate volumineuse et douloureuse. Le 5, apyrexie. Le 6 accès à 5 heures du soir. Le 7, accès à 11 heures du soir. Nou-

veaux accès le 9 et le 11 . La fièvre a disparu le 12 sous l'influence de sangsues et de 1 gramme de sulfate de quinine par jour (no 70).

Obs. XXV. — Femme de vingt ans, ayant eu la fièvre intermittente à douze ans, sur les bords de la Loire. A dix-neuf ans, chute dans une cave, du haut d'un escalier; contusion de la raie. Huit jours après, fièvre vive, commençant le soir et durant une partie de la nuit, non précédée de frissons, mais accompagnée de chaleur et de sueur; elle dura trois mois. Bonne santépendanthuitmois; seau d'eau sur les jambes ; arrêt des règles. Retour de la fièvre avec les mêmes caractères ; hypertrophie de la rate; guérison par le sulfate de quinine (n° 76).

Obs. XXVI. — C..., vingt-trois ans, a été soigné il y a six semaines pour fièvre intermittente ; il est sorti avec la rate encore volumineuse, mais pas d'accidents depuis. Coup sur la rate. Nouveaux accès quotidiens; chaque stade dure deux heures ; teinte jaunâtre durant une heure après chaque accès. Rate, 0 m. 16, dure, résistante. Pas de douleur dans l'abdomen ni à l'épigastre. La fièvre cède en deux jours au sulfate de quinine, 2 grammes par jour, et le malade sort bientôt, mais avec une rate toujours volumineuse (n° 94).

Obs. XXVII. — L..., dix-huit ans, a eu une fièvre tierce pendant sept mois, il y a cinq ans. Coup sur l'hypochondre gauche.

Le 26 février, à 11 heures du matin, frisson, chaleur et sueur, qui durent jusqu'au soir. Hémoptysies.

5 mars. Foie diminué de volume, rate volumineuse, diète.

Le 8, rate diminuée de volume. Accès de 11 heures du matin à 4 heures moins un quart.

Le 10, rate de même volume, douloureuse. Frissons commençant à 11 heures. Sulfate de quinine, 1 gramme.

Le 11, accès de douze heures à -4 heures et demie. Même traitement.

Le 12, pas de sulfate de quinine. Fièvre comme la veille. Douleur.

Le 13, même état. 30 sangsues. Sulfate de quinine, 1 gramme.

Le 15, le malade se trouve très bien. Pas de douleur dans le côté gauche. Sulfate de quinine, 1 gramme.

Le 17, accès semblable. Plus de douleur. Continuation de la quinine.

Le 18, persistance de la fièvre. Sulfate de quinine, 3 grammes en trois doses.

Le 21 , accès moins fort et moins long. Sulfate de quinine, 4 grammes.

Le 22, fièvre moindre.

Le 24, le malade sort guéri (n° 141).

La splénite traumatique aiguë étant regardée comme rare, je vais essayer de décrire la pathologie de cette affection.

Etiologie. — Les contusions de la rate sont les principales causes de la splénite traumatique; mais elles peuvent produire aussi une affection beaucoup plus sérieuse : la rupture de la rate. Les blessures de cet organe sont rares, souvent mortelles. Cependant, sur trois exemples de guérison, Larrey en cite un où il y a eu une splénite aiguë.

Anatomie pathologique. — N'ayant aucune autopsie dans mes observations, je ne puis donner l'anatomie pathologique de cette affection. Gendrin i en a fait l'étude sur des chiens en produisant l'inflammation au moyen des caustiques. MPeltier2 a réuni, en quelques lignes, les principales altérations que l'on y trouve.

Symptômes. Début. — Le plus souvent, aussitôt après la contusion, le blessé ressent à l'hypochondre gauche une douleur très vive pouvant amener une perte de connaissance ; quelquefois cette douleur est suivie immédiatement, ou peu de temps après, d'un frisson accompagné de chaleur et de sueur. M. Peltier ne place cet accès qu'au début des cas très graves; nous ne partageons pas son avis à ce sujet.

Les nausées, les vomissements (Dalmas) que l'on observe rarement, tiendraient plutôt, je crois, à la péritonite. Le malade ne peut se tenir debout, il se plaint surtout d'une douleur vive siégeant au niveau de l'hypochondre gauche, et s'étendant quelquefois à l'abdomen tout entier, à l'épaule gauche et au membre inférieur. Cette douleur, quelquefois sourde et obtuse, accompagnée parfois de battements et d'élancements (Piorry), augmente au moindre mouvement; elle a été attribuée par Bamberger à la péritonite. La respiration, la toux, la pression et la percussion surtout l'exagèrent au point de provoquer une sensation de frisson et même un paroxysme léger, mais complet (Piorry). On détermine surtout cette douleur par

1. Gendrin, Histoire anatomique des inflammations, i. II, p. 325.

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