AFFECTIONS CHIRURGICALES CHEZ DES SUJETS
PALUDO-DÎABÉTIQUES '
Six fois dans le cours de la présente année, j'ai observé diverses affections chirurgicales chez des sujets atteints simultanément de glycosurie actuelle et de paludisme plus ou moins ancien.
Chez les deux premiers, notamment, qui devaient subir des opérations, je cherchai, d'une part, l'influence que les maladies constitutionnelles préexistantes pourraient exercer sur le travail réparateur local, et, d'autre part, le retentissement que pourrait avoir le trauma opératoire sur l'organisme ainsi doublement empoisonné.
Bientôt après, de nouveaux exemples se présentant à mon observation, je fus surpris d'abord de leur fréquence, et, reprenant la chc:e de plus haut, je me mis au courant de l'état de la science sur le sujet. La récolte fut maigre, car je lus une foule de mémoires, d'articles et de traités, écrits soit sur le diabète, soit sur la malaria, sans y voir même mentionnée la coïncidence que le hasard avait mise si libéralement sous mes yeux. Cependant, guidé par l'excellent traité de M. Lecorché "2, je pris et je suivis la piste de la glycosurie paludéenne, et pus me convaincre qu'il s'agissait là d'une question d'un grand intérêt, mais très imparfaitement étudiée jusqu'à ce jour.
On conçoit deux façons d'établir un rapport entre les maladies susdites : on peut, d'une part, en cherchant les causes éloignées ou prochaines du diabète, et en interrogeant les antécédents des diabétiques, constater chez eux l'existence antérieure de la fièvre intermittente, puis conclure en vertu de l'adage post hoc ergo propter hoc; ainsi firent Proul, Corneliani, Griesinger, etc.
1. Communication à l'Académie de médecine, nov. et déc. 1881, p. 1461 et suiv.