Union médicale, 3 sept. 1872, t. XIV, p
3. Bouchardat, De la glycosurie ou diabète sacré. Paris, 1875, p. 172.
M. Cantani constate le rapport, mais en méconnaît tout à fait la portée :
« Quant à l'intoxication paludéenne, dit-il, on ne saurait lui attribuer une influence décisive sur la génération du diabète : elle n'agit qu'en affaiblissant la résistance organique. Dans trois cas de fièvre intermittente récente, et dans trois cas de cirrhose paludéenne, j'ai constaté une légère métilurie pendant trois ou quatre jours; mais ces cas, intéressants comme le sontles expériences de Bernard et de Schiff au point de vue de la méliturie, ne signifient rien au point de vue de la pathogénèse du diabète sucré. Plusieurs de nos malades avaient eu des accès intermittents, neuf d'entre eux de vraies fièvres de marais, mais cela n'est pas étonnant, quand on considère la grande fréquence de cette affection dans nos provinces1. »
M. Cantani ne paraît pas avoir eu connaissance des travaux antérieurs, puisqu'il ne cite personne.
En 1877, M. le docteur E. Vallin, annotant la seconde édition française de Griesinger (p. 58), cite au moins M. Burdel et ajoute : « Si la fréquence de la glycosurie passagère chez les fébricitants se confirme, il y aurait peut-être lieu de surveiller ce symptôme comme on le fait pour l'albuminurie passagère, accident banal qui complique beaucoup de maladies, mais qui est parfois l'origine d'une albuminurie persistante. »
En la même année 1877, M. Lecorché admet que la glycosurie paludéenne peut se terminer par le diabète et analyse consciencieusement les travaux de M. Burdel. Malheureusement il ne trouve dans son expérience personnelle rien à ajouter.
En somme, nul n'a pris à cœur de recueillir des faits. 11 faut pourtant faire exception en faveur de M. Seegen, professeur de médecine à l'Université de Vienne, et médecin traitant à Carlsbad2.
Non seulement il reconnaît que le diabète paraît survenir à la suite de la fièvre intermittente, mais il ne cite pas moins de cinq observations à l'appui. Voici l'analyse de ces faits :
Dans les deux premiers, on note simplement le paludisme antérieurement au diabète.
R..., trente-six ans, fabricant de sucre en Hongrie. Longue fièvre intermittente en 1853. Grands chagrins de famille pendant un an. Lorsque l'équilibre moral fut rétabli, les signes du diabète se mon-
1. Cantani, Le diabète sucré, trad. tranç. Paris, 1876, p. 303.