Revue méd., 1850, t. I, p
5. De l'alcoolisme et de son influence sur le développement et la marche des maladies, Thèse de Montpellier, 1868, n° 14, p. 54 et 62.
6. Étude sur quelques accidents nerveux aigus de l'alcoolisme chronique. Thèse de Paris, 1868, p. 17.
sont d'une réserve encore plus absolue. Nos auteurs classiques, Boyer, Vidal (de Cassis), les auteurs du Compendium de chirurgie, par exemple, sont tout à fait muets sur ce point. Follin se hasarde à dire que le délire nerveux de Dupuytren pourrait bien être du délire alcoolique, mais Nélaton ne signale même pas le delirium tremens comme complication possible du traumatisme. Billroth1, au contraire, consacre deux pages au délire ébrieux. En dehors de cela nous ne savons pas au juste ce qui a pu être écrit sur le sujet qui nous occupe dans la littérature scientifique étrangère; mais, d'après les renseignements que nous avons pris, nous ne croyons pas qu'il ait paru sur la question aucun travail d'ensemble.
M. Verneuil, suivant l'ordre d'idées dont nous avons parlé plus haut, a publié en 1869 2 deux observations très intéressantes se rapportant à des sujets alcoolisés; il les a accompagnées de réflexions fort instructives auxquelles nous ferons de fréquents emprunts.
En dehors des quelques matériaux que nous venons d'énumérer, on peut affirmer que l'étude clinique de cette question est encore à faire.
Un certain nombre des observations que nous publions ont été recueillies par nous dans le service de M. Verneuil ; nous avons emprunté les autres à notre maître et à nos amis, et nous avons rassemblé celles que nous avons pu découvrir clans nos explorations bibliographiques. Toutes n'ont pas été recueillies avec le même soin, mais il n'en est pas une qui ne renferme quelque détail instructif.
L'étude de l'alcoolisme et celle du traumatisme, pour être bien faites, ne doivent pas négliger les détails; aussi les observations complètes sont longues à recueillir et laborieuses à lire. Il ne suffit pas, en effet, de dire que le sujet est alcoolisé : il faut que cela ressorte nettement de l'exposition minutieuse des antécédents, des symptômes actuels, et, le cas échéant, de l'examen nécroscopique. Ainsi, soit pendant la vie du malade, soit après la mort, l'observateur doit être toujours en éveil, et demander à la science tous les auxiliaires qu'elle peut lui fournir. Thermomètre, analyse chimique, microscope, tous les procédés d'investigation doivent être mis en usage si l'on veut arriver à la connaissance de la vérité.
Ce n'est qu'à ces conditions qu'on parviendra à jeter un peu de lumière sur ces questions difficiles, qui touchent aux points les plus
1. Traité de path. chirurg. gén., traduction franc, Paris, 1868, p. 429. 2. Voyez le précédent travail.
épineux de la pathologie générale et sur lesquelles il règne encore bien des obscurités.
Le plan que nous avons suivi dans cette étude est fort simple : nous la divisons en deux parties. La première traite des rapports réciproques de Y alcoolisme aigu et du traumatisme ; la seconde, de beaucoup la plus étendue, contient les mêmes recherches à propos de Y alcoolisme chronique.